Traditions

Bientôt la trêve des confiseurs, mais pourquoi ?

La trêve des confiseurs est une appellation plaisante de la période entre Noël et le jour de l’an, période généralement passée au repos. C’est tout simplement une période de calme commercial sauf pour les confiseurs dont l’activité est au summum.

Au Moyen Âge, aux alentours de l’an 1000 on parle de trêve de Dieu, une période que Louis IX, le futur Saint-Louis, entend systématiser. Le roi n’agit pas seul, il est conseillé par des ecclésiastiques qui veulent que les seigneurs cessent de faire la guerre pendant les fêtes spirituelles et les semaines qui les précèdent (Avent, Noël, Carême, Pâques…). Face aux plus récalcitrants, l’Église brandit l’arme de l’excommunication.-

L’expression est apparue en France vers 1875, à l’occasion des vifs débats, à la Chambre, entre monarchistes, bonapartistes et républicains, sur la future constitution de la Troisième République. En décembre 1874, « d’un commun accord, tous les groupes de la Chambre jugèrent que l’époque du renouvellement de l’année était peu propice à des débats passionnés. À cette occasion la presse satirique imagine le mot de « trêve des confiseurs » » (Jules Lermina, Fondation de la République française, 1882).

«Aux approches de Noël, par une sorte d’accord entre les parlementaires, on ne soulève pas de questions irritantes, qui, troublant l’esprit public, nuiraient aux affaires. Et même, afin de mieux vivre en paix, on se sépare, on se donne des vacances. Donc, point d’aigres propos et pendant cette accalmie, les marchands de sucreries, de gâteaux, de friandises, font, tout doucement, leur petit commerce. Les confiseurs jubilent, profitant de la suspension des hostilités à la Chambre, et cette tranquillité dont ils bénéficient s’est appelée la trêve des confiseurs.»                                  
                                                                                                                                                                        L’Intermédiaire des chercheurs et curieux – archive – sur Gallica

Pendant la Première Guerre mondiale, on ne parle plus de trêve des confiseurs mais de trêve de Noël. Le 25 décembre 1914, sur le front belge, des soldats britanniques à l’abri de leurs tranchées entendent pointer des chants des positions ennemies : ils s’aperçoivent ensuite que les Allemands ont placé des sapins de Noël le long de leurs défenses. Les combattants, laissant alors l’arme au pied, entament un moment de fraternisation qui se répétera en 1916, et notamment pendant les fêtes de Pâques.

Si les historiens s’intéressent régulièrement à ces quelques heures « hors du monde », ils précisent aussitôt qu’elles n’ont pas freiné les combats et les effroyables bilans de la Première Guerre mondiale. La trêve de Noël s’avérant un phénomène extrêmement isolé.

L’expression « trêve des confiseurs » est également utilisée pour désigner l’accalmie traditionnelle de fin d’année sur les marchés boursiers, ainsi que la pause sur les terrains de football. 

Egalement d’usage courant en milieu hospitalier, elle désigne généralement la période pendant laquelle les étudiants en médecine se consacrent uniquement aux soins des malades et sont dispensés d’activités universitaires.

Plus que quelques jours donc avant cette fameuse trêve, mais en attendant que cela de nous empêche pas de déguster bonbons, chocolats et autres friandises, c’est bon pour le moral ! 

fr.wikipedia.org
www.expressions-francaises.fr
www.lepoint.fr/culture

 

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