Histoire

Le 59ième Régiment d’Infanterie, ou le régiment des ariégeois

photo : http://patrimoines.midipyrenees.fr/ Cathédrale Saint Antonin Pamiers

Le 59e régiment d’infanterie, régiment de l’armée de terre française, a été créé en 1667 et dissous en 1940. En 1881, son 3e bataillon prend part à l’expédition de Tunisie. Le reste du régiment quitte Toulouse et vient tenir garnison à Pamiers et à Foix.

C’est alors qu’il devient le régiment des Ariégeois qui devaient s’illustrer d’une gloire immortelle au cours de cette guerre mondiale qui fut une bataille unique dans l’Histoire.

Voici quelques épisodes vécus par ces hommes d’honneur et de courage durant 4 années de sauvagerie 

Le 1er août 1914, à 16h30, parvenait au lieutenant-colonel Dardier, commandant le 59e R.I. l’ordre de mobilisation générale. L’Allemagne menaçait nos frontières et la France réclamait l’aide de ses enfants.

L’occasion était fourni aux montagnards pyrénéens de donner la juste mesure de leur valeur militaire, de leur courage personnel, de leur esprit de sacrifice et d’affirmer les qualités de la race, solide comme les rocs sur lesquels s’accrochent leurs domaines.

La vieille devise des Comtes de Foix trouvait l’occasion d’une signification plus glorieuse et plus concrète. Combien d’Ariégeois devaient de leur sang, acheter l’honneur de la rendre immortel !…

« Tocos y se gaousos. » ou « Toque y si Gauses » Touche moi si tu oses.

Le 6 août les préparatifs de départ terminé, le régiment passait sur les allées de Villotte, une revue qui devait rester gravée dans le souvenir de tous. Parents, femmes, enfants, familles, amis sentirent vibrer l’enthousiasme immense qui réunissait en un même idée de sacrifice les Fils de France, et les poussait vers un seul et unique but : LA VICTOIRE !

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Le 23 août à Mairy (Ardennes), les 2/3 des officiers et 1200 hommes sont déjà tombés pour la France. Le chef de bataillon Bruyère qui a pris le commandement du régiment le présente au général Alby, commandant la 34e Division, qui passant en revue les débris de cette glorieuse phalange, s’exalte par ces mots :

« Je salue avec émotion et fierté, les officiers, sous-officiers, caporaux et soldats du 59e ; la confiance que j’avais en votre régiment n’a pas été déçue : je connaissais votre valeur et ce que l’on pouvait attendre d’un régiment tel que le votre. Je salue tous ceux qui sont tombés et j’adresse aux survivants le témoignage de mon admiration. »

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Le 7 septembre des combats s’engagent autour des fermes de la Certine et Galbaudine. Plus d’eau, plus de vivres depuis 48 heures, mais les montagnards de l’Ariège luttent toujours et l’ennemi ne parvient pas à les chasser de la position sur laquelle ils se sont accrochés.

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Arras – Les attaques de mai, juin, septembre 1915

Parti le 22 avril 1915  pour la Somme, le régiment qui n’a pas été employé est réembarqué le 30 pour l’Artois où il prend le service de garde dans les tranchées de Roclincourt. Le 5 mai 1915 l’ennemi enserre Arras dans une étreinte qui devient de jour en jour plus menaçante et le Commandement a décidé de prévenir l’action allemande par une opération violente qui puisse dégager la ville ? Ce sont alors les coûteuses et sanglantes journées des 9, 10, 11, 12 et 13 mai 1915.

Pendant cette terrible période, du 9 au 17 mai 1915, que d’exemples de bravoure à mettre en lumière. Combien de héros tombés sur cette plaine d’Artois seraient dignes de voir leur nom inscrit au martyrologe de la France.

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Verdun – Avocourt 1916

le 23 mars, c’est avec un orgueil qui ne demande qu’à démontrer sa légitimité, que le régiment apprend du colonel Velly, commandant la 68e brigade, sa participation prochaine à la défense de Verdun autour duquel se livre la plus formidable bataille de l’Histoire.

« Quelque soit la vigueur des bombardements et des attaques, ceux qui ont tenu et combattu à Roclincour tiendront aussi bien à Verdun et puisque le boche attaque, nous prendrons notre revanche du 9 mai, du 16 juin et du 25 septembre » Et pourtant chacun sait bien ce que sont les champs de bataille de Verdun…Sinistres en sont les noms, impressionnante en est la renommée….

C’est seulement le 10 avril que le régiment, relevé, est renvoyé au camp de Verrières, puis à Brocourt pour y recevoir, avec les félicitations du Général de Division qui distribue quelques Croix de guerre bien gagnées, les éloges du Commandant de l’armée de Verdun, le général Pétain.

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Butte de Mesnil-les-Marquises août – octobre 1916

Un court repos de 6 jours dans la région de Châlons-sur-Marne ramène l’insouciance et le mépris du danger dans tous les cœurs. Le 30 août, le régiment prend position dans le secteur de Marsons, voisin de Maison-de- Champagne et de la butte du Mesnil. Pour la première fois depuis le début des hostilités, il assure la garde d’un secteur calme. Aussi les hommes en apprécient-ils tout le confort relatif, heureux de goûter dans les abris spacieux et profonds un repos que ne trouble rarement le désagréable tapage de « Herr- Choucroumann, artilleur »

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Guise – L’Armistice

Relevé pour quelques jours, c’est encore une fois le 59e qui franchit l’Oise, et s’empare de la ferme de Robbe le 28 octobre 1918 ; c’est encore lui qui, malgré ses pertes, avec un effectif réduit qui semble n’être plus qu’un simple bataillon, trouve cependant la force d’accrocher les arrière-gardes allemandes résistant encore et de planter le premier, après une manœuvre qui lui donne la maîtrise du terrain, dans Guise reconquis le 5 novembre, à 7 heures, son fanion de commandement, étalant orgueilleusement l’or jaune de sa fière devise jamais démentie, jamais ternie, toujours glorieuse : « Tocos-y se gaousos ! »

Retour et dissolution du 59e R.I.

Après un retour de 8 mois aux environs de Paris, le régiment est rentré au dépôt le 20 juillet : Etat-major et 2/59 à Foix ; 1 et 3/59 au camp Clauzel à Mirepoix. Le 1er septembre 1919, ces derniers viennent de Mirepoix à Pamiers, cantonner au Petit Séminaire.

L’Etat-major du régiment et la C.H.R. quittent Foix le 15 octobre 1919 pour s’installer à Pamiers. Le régiment est alors divisé en deux portions :

Portion principale à Pamiers : Etat-major du régiment, C.H. 1er 2e bataillons. Portion centrale à Foix: Major et service des effectifs; Trésorier; Bureau spécial de comptabilité ; Capitaine chargé du matériel ; 2e Bataillon.

2 février 1920.

Les bureaux du Major, du Trésorier, de la Mobilisation et le Service des Effectifs s’installent à Pamiers. (Exécution de la note 3.32 du 5 janvier 1920 du 17e C.A.)

16 février 1920.

Le 59e est supprimé (exécution des prescription de la note ministérielle 1.025 1/11 du 28 janvier 1920), et doit servir à constituer le 3e bataillon du 14e régiment d’infanterie à Pamiers.

Sources :

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