Avec près de 4 % d’élèves en moins et une dotation en baisse, l’Ariège voit ses effectifs scolaires et enseignants reculer pour la rentrée 2026. Si le taux d’encadrement demeure supérieur à la moyenne académique, cette situation masque une fragilisation réelle du service public d’éducation sur le territoire.
À la rentrée 2026, l’Ariège fait face à une double contraction de ses effectifs scolaires et de ses moyens humains dans le premier degré. Les prévisions annoncent 395 élèves en moins, soit une baisse de 3,9 %, un recul nettement plus marqué que celui observé à l’échelle de l’académie de Toulouse (-2,4 %). Cette évolution démographique pèse directement sur la carte scolaire et l’organisation des écoles du département.
En parallèle, l’Ariège enregistre une perte nette de 11 emplois enseignants dans le premier degré. Une diminution qui s’inscrit dans un mouvement plus large au niveau académique, avec 94 équivalents temps plein enseignants supprimés, mais qui prend une dimension particulière dans un département rural, où chaque poste joue un rôle structurant pour le maintien des écoles de proximité.
Un contexte démographique défavorable
Certes, le taux d’encadrement progresse et atteint 6,75 professeurs pour 100 élèves, un niveau supérieur de 0,64 point à la moyenne académique. Cette donnée, souvent mise en avant, résulte toutefois avant tout de la baisse rapide des effectifs d’élèves, davantage que d’un renforcement réel des moyens. Autrement dit, le ratio s’améliore dans un contexte de réduction simultanée du nombre d’élèves et d’enseignants, et non par une augmentation des ressources disponibles.
Cette situation soulève des interrogations quant à la soutenabilité de l’offre éducative à moyen terme. Dans un territoire marqué par l’éloignement géographique, la dispersion des établissements et la fragilité démographique, la suppression de postes peut se traduire par des regroupements de classes, des fermetures d’écoles ou une dégradation des conditions d’enseignement, malgré des indicateurs statistiques favorables en apparence.
À l’échelle académique, la hausse globale du taux d’encadrement masque ainsi des réalités territoriales contrastées. En Ariège, la rentrée 2026 illustre cette tension : un département mieux doté que la moyenne sur le papier, mais confronté à une érosion continue de ses effectifs scolaires et enseignants, qui pose la question de la capacité à maintenir un maillage scolaire équilibré et durable.
Source : communiqué , chiffres présentés le 3 février par le Recteur d’académie de Toulouse Karim Benmiloud, au cours du Comité Social d’Administration Académique (CSAA)





