INTERVIEW 🎙️ Depuis les éboulements sur la RN20, deux communes de Haute-Ariège se retrouvent partiellement isolées. Si le quotidien des habitants s’organise tant bien que mal grâce au rail, l’impact économique est jugé alarmant. Le maire de l’Hospitalet-près-l’Andorre, Arnaud Diaz tire la sonnette d’alarme et réclame un fonds d’urgence pour éviter un sinistre durable.
La coupure de la RN20, consécutive à d’importants éboulements, bouleverse depuis plusieurs jours la vie de Mérens-les-Vals et de l’Hospitalet-près-l’Andorre. Pour les habitants, des solutions ont pu être rapidement mises en place. Le train assure les déplacements, la livraison des repas scolaires et du courrier, avec le soutien de l’État, de la Région et de la SNCF.
« On s’organise, on reprend le train, et de cette situation négative, il sort aussi du positif », souligne Arnaud Diaz, maire de la commune.
Des navettes ont été mise en place pour les travailleurs transfrontaliers avec l’Andorre (voir horaires SNCF sur le site de la mairie)
On s’organise, on reprend le train, et de cette situation négative, il sort aussi du positif
Mais derrière cette résilience du quotidien se cache une inquiétude majeure : celle de l’économie locale. Commerces, gîtes, boulangeries, transports, mais aussi industries comme l’usine d’eau de Mérens-les-Vals dépendent fortement du passage sur la RN20. Au total, près d’une centaine d’emplois seraient directement menacés.
« La situation est très grave parce qu’on ne nous annonce pas d’ouverture avant la fin des vacances. Février, c’est un mois clé qui permet de tenir le reste de l’année », alerte l’élu.
Face à cette fermeture prolongée, les maires des communes concernées travaillent étroitement avec la préfecture pour recenser les pertes et activer les dispositifs existants, comme le chômage partiel. Mais pour Arnaud Diaz, ces mesures restent insuffisantes.
« Décaler les charges, c’est décaler le problème. Ce qu’il faut, c’est un fonds d’urgence de compensation pour les pertes de chiffre d’affaires », plaide-t-il, invoquant le principe de continuité du service public.
La situation est très grave parce qu’on ne nous annonce pas d’ouverture avant la fin des vacances. Février, c’est un mois clé qui permet de tenir le reste de l’année
Au-delà de la Haute-Ariège, l’impact se fait sentir jusqu’à Tarascon, aux stations de ski et aux flux vers l’Andorre et les Pyrénées-Orientales. Dans l’attente d’une date officielle de réouverture, espérée dans les prochains jours, les habitants prennent leur mal en patience. Les professionnels, eux, retiennent leur souffle, suspendus aux décisions de l’État pour éviter qu’une vallée entière ne soit durablement sinistrée.





