INTERVIEW EN VIDEO 🎙️ À l’aube de son dixième anniversaire, la coopérative Cimelait, basée en Cerdagne, s’apprête à représenter le lait de montagne au Salon de l’Agriculture à Paris. L’occasion de mettre en lumière une filière locale qui transforme chaque année 500 000 litres de lait et défend une production engagée, du producteur au consommateur.
Installée à 1 200 mètres d’altitude, la coopérative Cimelait regroupe huit exploitations situées en Cerdagne, en Haut-Conflent et dans le Capcir. L’atelier de transformation, lui, est implanté en Cerdagne, au cœur du territoire.
En dix ans, la structure a connu une progression spectaculaire. « On est passé de 70 000 litres transformés en 2016 à 500 000 litres transformés en 2025 », souligne sa directrice, Tiphaine Feray. Une croissance maîtrisée, fidèle à l’ADN de la coopérative : produire localement et vendre essentiellement sur le département, jusqu’à Perpignan.
Nos yaourts sont faits avec du lait de montagne, ici on est quand même à 1 200 mètres d’altitude
Grande distribution, épiceries, hôtellerie, collectivités, cliniques, hôpitaux… et même les cantines scolaires : les produits Cimelait sont présents sur l’ensemble du territoire. « La plupart des élèves du département mangent nos yaourts une à deux fois par mois », rappelle-t-elle avec fierté.
Chez Cimelait, le choix est clair : du lait entier, des recettes simples et naturelles, et une transformation rapide — jamais plus de 48 heures entre la collecte et la fabrication.
La gamme comprend yaourts nature, vanille à l’extrait naturel, aromatisés aux arômes naturels, yaourts brassés aux fruits (citron, framboise, pêche, cerise, fraise, poire…), fromage blanc, faisselle, lait pasteurisé et matos.
« Nos yaourts sont faits avec du lait de montagne, ici on est quand même à 1 200 mètres d’altitude. On essaye de faire la gamme la plus naturelle possible : lait entier et ferments », explique la directrice.
La transformation s’effectue entièrement sur place : collecte quotidienne du lait grâce à une remorque citerne conduite par les salariés, pasteurisation dans trois cuves (600 litres et deux de 350 litres), fermentation, mise en pot et refroidissement rapide avant stockage en chambre froide.
Les dates limites de consommation reflètent cette maîtrise : jusqu’à 32 jours pour les yaourts fermes, 28 jours pour les yaourts aux fruits, 21 jours pour la faisselle et le fromage blanc.
Deux chauffeurs assurent les livraisons : l’un descend à Perpignan trois fois par semaine, l’autre couvre la Cerdagne et le Capcir. Pour les volumes plus importants, un transporteur optimise les trajets en montant chargé et en redescendant avec les palettes de yaourts — un système que Tiphiane Feray qualifie de « plutôt vertueux ».
Actuellement, la coopérative mène des travaux pour augmenter ses capacités de stockage au froid et en matière sèche. L’objectif n’est pas d’accroître la production, mais d’améliorer les conditions de travail et de réduire la pression des flux tendus.
Depuis sa création, Cimelait poursuit une ambition centrale : mieux rémunérer les producteurs. « L’atelier de transformation a été créé pour que les producteurs vivent mieux de leur travail et qu’ils voient ce qu’on fait de leur lait. Aujourd’hui, ils ont une vraie connexion entre ce qu’ils produisent et ce qui est fabriqué derrière », insiste-t-elle.
Au salon de l’Agricultre de Paris, on est fiers de notre produit et fiers de montrer la diversité de notre territoire, de la mer à la montagne
À quelques mois de souffler ses dix bougies, Cimelait s’apprête à prendre la route de Paris pour le Salon de l’Agriculture. Le déplacement se fera modestement, avec un petit véhicule utilitaire et une quantité limitée de produits frais — la logistique du froid restant un défi sur un salon où les températures peuvent grimper.
L’objectif n’est pas la vente massive, mais la représentation. « On veut montrer qu’ici, sur notre département, il y a encore quelques producteurs de lait, les derniers Mohicans. On est fiers de notre produit et fiers de montrer la diversité de notre territoire, de la mer à la montagne », conclut Tiphiane Feray.
À Paris, Cimelait viendra donc défendre bien plus que des yaourts : une agriculture de montagne, une économie locale et dix ans d’engagement collectif au service du lait des Pyrénées.




