Des élèves du lycée agricole de Pamiers ont passé deux journées de janvier les mains dans la terre pour protéger une faune discrète mais menacée : les amphibiens.
Chaque fin d’hiver, grenouilles, crapauds tritons et salamandres entament un voyage périlleux. Sortant de leurs quartiers d’hibernation — talus, haies, sous-bois — ils partent à la recherche de mares ou de zones humides pour se reproduire. Sur leur chemin, ils croisent souvent une route. Et cette traversée leur est fréquemment fatale.
Pour limiter ce péril, la Cellule d’Assistance Technique Zones Humides de l’Ariège (CATZH 09) a coordonné, en janvier 2026, l’installation de barrières temporaires sur deux sites du département. Une initiative qui a pris une dimension toute particulière : ce sont des lycéens qui ont réalisé les travaux.
Des filets verts au bord des routes
Le 13 janvier, les élèves de Terminale de la section GMNF (Gestion des Milieux Naturels et de la Faune) du LEGTA de Pamiers, accompagnés de leur enseignante Aude Corbani, se sont retrouvés le long de la D903, sur la commune de Tourtouse. Le lendemain matin, c’est la classe de Première de Maxime Joulot qui intervenait chemin de Lesquet, à Varilhes.
Au programme : débroussailler, creuser une tranchée de 20 cm, y enfouir un filet vert sur 15 cm de profondeur, planter des piquets métalliques tous les deux mètres, fixer le filet pour qu’il remonte à 35 cm au-dessus du sol, puis reboucher soigneusement. En deux jours, près de 400 mètres de barrières ont été installés et entretenus.
Le principe est simple : le filet empêche les amphibiens d’accéder à la chaussée et les oriente vers des passages sécurisés ou les maintient dans leur zone de reproduction, jusqu’à la fin de la période de migration.
L’Ariège, un territoire riche en amphibiens

Le département abrite 12 espèces d’amphibiens, toutes protégées par la loi française depuis l’arrêté ministériel du 8 janvier 2021. Parmi elles, trois fréquentent particulièrement les sites concernés par ces chantiers : la grenouille rousse (Rana temporaria), pionnière du printemps, qui se reproduit dès les premières douceurs dans les mares et eaux calmes ; la grenouille agile (Rana dalmatina), espèce forestière reconnaissable à ses longues pattes ; et le crapaud épineux (Bufo spinosus), capable de parcourir de longues distances pour rejoindre ses lieux de reproduction.
Ces espèces figurent parmi les groupes animaux les plus menacés en France, confrontés à la destruction de leurs habitats, à la pollution des eaux et des sols, mais aussi aux collisions routières lors de leurs migrations saisonnières.
Un apprentissage concret de l’écologie
Au-delà de l’aspect technique, ces chantiers ont représenté un véritable support pédagogique pour les élèves. Cycle de vie des amphibiens, continuité écologique, aménagements en faveur de la biodiversité : autant de notions abordées non plus sur le papier, mais les bottes dans la boue, au bord d’une route ariégeoise.
Ces actions s’inscrivent dans un programme cofinancé par l’Agence de l’Eau Adour-Garonne, le Fonds Européen de Développement Régional et la Région Occitanie.
Source : ANA-CEN Ariège





