En 2025, le marché immobilier ariégeois se stabilise avec 2 640 transactions enregistrées. Les prix progressent légèrement sur les appartements et les terrains, pendant que le volume des ventes de maisons reste quasi-inchangé. Un retour à la normale salué par les notaires du département.
Ce jeudi 19 mars, la Chambre des notaires de la Cour d’Appel de Toulouse a présenté le bilan annuel du marché immobilier ariégeois pour l’année 2025. Le constat dressé par Maître Magalie Patino, déléguée en charge du marché de l’immobilier en Ariège, est celui d’un retour à la normale après les années d’effervescence post-confinement.
Nous retrouvons finalement le marché tel que nous l’avions connu en 2017/2018, avant le pic de 2020/2022 durant lequel le marché s’était emballé.
Me Magalie Patino, notaire
Avec 2 640 transactions recensées sur l’ensemble du département — toutes catégories de biens confondues — le recul par rapport à 2024 n’est que de 130 ventes, soit une baisse marginale qui illustre la solidité structurelle du marché local.
- 2 640 transactions au total
- 360 ventes d’appartements
- 2 090 ventes de maisons
- 130 000 € prix médian maison
Appartements anciens : les prix repartent à la hausse
Le secteur des appartements anciens enregistre 360 ventes en 2025, contre 370 l’année précédente : une stabilité quasi parfaite. En revanche, les prix progressent sensiblement. Le prix médian au mètre carré grimpe de 6,1 % pour s’établir à 1 550 €/m², après 1 460 €/m² en 2024, une évolution alignée sur la tendance provinciale nationale.
Foix se distingue particulièrement avec une hausse de 10,5 % de son prix médian, qui atteint 1 430 €/m². Cette remontée fait suite à deux années consécutives de recul (-8,6 % en 2023, -4,4 % en 2024), et s’explique en partie par une proportion plus importante de studios et 2 pièces dans les ventes, des biens au mètre carré naturellement plus valorisés.
À l’autre bout du spectre, le secteur de la Haute-Ariège — porté par Ax-les-Thermes, station prisée des amateurs de ski et de thermalisme — reste la zone la plus chère du département avec 2 050 €/m² (+0,8 %).
Concernant la répartition par taille de logement, les 2 pièces dominent toujours les transactions (36 % des ventes), suivis des 3 pièces (25 %). On note un rebond notable des 4 pièces, passant de 11 % en 2024 à 18 % en 2025.
Maisons anciennes : la colonne vertébrale du marché ariégeois
Avec 2 090 ventes en 2025 (contre 2 180 en 2024, soit -4,1 %), le marché des maisons anciennes reste le cœur des transactions immobilières du département. Les prix, eux, sont parfaitement stables : le prix médian se maintient à 130 000 €, sans la moindre variation annuelle.
«L’étude des chiffres 2025 sur le secteur de la maison ancienne en Ariège nous montre que c’est un marché très stable, tant en termes de volumes de transactions, de prix que de typologies de biens vendus.
Me Magalie Patino
Les maisons de 4 et 5 pièces constituent l’essentiel des ventes, avec respectivement 33 % et 25 % des parts. Géographiquement, la Basse-Ariège reste la zone la plus chère grâce à la proximité de Toulouse et au poids de Foix, avec un prix médian de 152 700 € (+1 %). Le Volvestre affiche une hausse encourageante de +4,4 % (130 500 €), tandis que le Pays d’Olmes recule de 11 % à 89 500 €, après une forte hausse l’année précédente.
Des communes comme La Tour-du-Crieu (+18,9 %) ou Mazères (+17,1 %) connaissent des rebonds marqués, qui font suite à des baisses équivalentes en 2024. Ces fluctuations invitent à la prudence dans la lecture des données annuelles. À l’inverse, Mirepoix enchaîne une deuxième baisse consécutive (-16,7 % en 2025 après -19,2 % en 2024), une tendance liée à un glissement vers des maisons de plus petite taille dans les transactions.
Terrains à bâtir : moins de ventes, mais des prix en hausse
Le marché du terrain à bâtir enregistre 190 ventes en 2025, contre 210 en 2024 (-9,5 %). Un recul à relativiser : il ne représente que 20 transactions de moins sur une année. Les prix, en revanche, progressent de 7,4 % — une hausse plus forte qu’au niveau national, où la tendance est à la stabilisation.
Comme souvent, l’Ariège a un peu de retard sur les tendances, souvent 1 ou 2 années. Nous enregistrons ainsi une hausse du prix médian du terrain à bâtir de +7,4 % là où la courbe est à la stabilisation pour la Province.
Me Magalie Patino
Cette hausse est générale sur l’ensemble des secteurs géographiques : +2,5 % en Basse-Ariège, +5,5 % en Haute-Ariège, et +16 % dans le Couserans. Notable : l’écart de prix entre les secteurs les plus chers et les moins chers se réduit progressivement, avec désormais seulement 10 000 € d’écart entre la Basse-Ariège et le Couserans (contre 15 000 € en 2024).
Les parcelles entre 900 et 1 499 m² restent les plus prisées (29 % des ventes), bien que leur part recule légèrement. Les terrains entre 600 et 899 m² gagnent du terrain (22 % en 2025 contre 16 % en 2024).
Un profil d’acheteur stable, avec un signal positif chez les jeunes
Les acheteurs ariégeois présentent un profil très stable : les 60 ans et plus restent la tranche d’âge la plus représentée (26 % des achats), et les vendeurs conservent leurs biens en moyenne 15 ans ou plus dans 36 % des cas. Mais une tendance positive se dessine : la part des 30-39 ans repart à la hausse, ce qui pourrait annoncer un renouvellement progressif du profil d’acheteur sur le département.
Concernant les étiquettes énergétiques (DPE), la part des logements classés E, F ou G dans les ventes a progressé, passant de 36 % en 2024 à 44 % en 2025. Parallèlement, les biens les mieux classés (A et B) ont doublé leur part (3 % à 6 %), un signe que la rénovation énergétique commence à valoriser certains biens.
Perspectives 2026 : prudence et optimisme
Les avant-contrats signés au dernier trimestre 2025 (novembre 2025 – janvier 2026) totalisent 415 signatures pour un prix médian toujours à 130 000 €. Les notaires tempèrent toutefois les conclusions à tirer de ces chiffres, la fin d’année civile étant naturellement moins propice à ce type d’acte.
Il faut voir dans ces baisses des volumes des transactions du positif et un retour à un certain équilibre sur le marché. Ce que nous avons connu pendant 3 ans, à la sortie du confinement de 2020, était un épiphénomène. Aujourd’hui nous retrouvons un marché plus stable et il faut s’en féliciter.
Me Magalie Patino
Source : Chambre des notaires de la Cour d’Appel de Toulouse – Bilan immobilier Ariège 2025, présenté le 19 mars 2026 à Varilhes. Étude réalisée par ADNOV Immobilier sur la base Perval, pour la période du 1er janvier au 31 décembre 2025.




