La principale artère de la vallée restera fermée jusqu’au printemps. Les élus et les entreprises locales se mobilisent pour faire face à cette situation inédite.
Point technique
L’entreprise NGE Fondations, spécialiste des travaux de confortement rocheux a été sollicitée en parallèle pour être en mesure d’intervenir dans les meilleurs délais. Une première visite par l’expert du Service RTM et l’entreprise NGE Fondations a été diligentée le samedi 31 après midi pour déterminer les possibilités d’intervention sur la falaise. Le dimanche 1er février au matin, les experts du RTM et de l’entreprise ont procédé à une reconnaissance aérienne pour commencer à étudier les modalités d’intervention sur le site du départ du bloc et établir un premier diagnostic qui a mis en évidence des désordres significatifs dans l’environnement de la zone d’effondrement initiale.
De ces reconnaissances, il est ressorti que la zone du départ de l’éboulement est très escarpée et d’un accès très complexe avec nécessité d’héliportage ; aucun chemin ne permet d’y accéder en sécurité.
Le lundi 2 février matin, en complément des experts du service RTM, les experts du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (CEREMA) ont été missionnés pour participer au diagnostic géotechnique aux cotés de l’entreprise NGE fondations. Ces experts ont pu reconnaître et sécuriser les voies d’accès au site pour les cordistes depuis la zone de dépose par hélicoptère.
L’entreprise NGE fondations a été officiellement mandatée le 3 février, pour réaliser les travaux de confortement nécessaires à la stabilisation de la zone de départ et mener les études et investigations nécessaires par l’intermédiaire d’un marché négocié au titre de l’urgence impérieuse.
Tous les moyens financiers, juridiques, en ingénierie, en matériel et en personnel sont mobilisés.
La gestion des conséquences de cet éboulement ne nécessite pas de ressources complémentaires. Il s’agit d’un phénomène d’une grande complexité qui nécessite différentes phases précises qui vont s’enchaîner dans le temps avec le souci d’assurer le meilleur niveau de sécurité aux agents qui interviennent sur la falaise. L’accès particulièrement escarpé ne permet pas, par exemple, à plus de 4 cordistes d’intervenir.
Il convient également de préciser, qu’une visite du site par les autorités andorranes, accompagnées de leurs experts géotechniciens, leur a permis de constater que tous les moyens nécessaires étaient d’ores et déjà mobilisés et de partager le constat et le diagnostic mené par les autorités françaises.
Hier, M. le Préfet de l’Ariège, accompagné du Directeur de la DIRSO (en visioconférence) et du service RTM, a organisé deux réunions publiques à Mérens-les-Vals et à l’hospitalet près l’andorre, rassemblant les habitants des deux communes.
Une première séquence a été consacrée à la présentation de l’éboulement, de ses conséquences et des travaux actuellement engagés.
Un échange approfondi a ensuite permis aux habitants de s’exprimer et de dialoguer, y compris en visioconférence, avec Martine Froger, députée de l’Ariège, Jean Sol, sénateur des Pyrénées-Orientales, et Kamel Chibli, vice-président de la Région Occitanie.
Des habitants de Cerdagne étaient également présents, aux côtés du maire et de l’adjointe au maire de Porta et de Porté-Puymorens, ainsi que du président de la Communauté de Communes Pyrénées Cerdagne Georges Armengol.
Plusieurs points ont été soulevés :
-l’importance du train et la nécessité de fiabiliser les horaires ;
• la demande d’un tarif préférentiel, voire de la gratuité, pour le tunnel du Puymorens en cas de fermeture du col du même nom ;
• les difficultés d’organisation de la vie quotidienne, notamment pour les rendez-vous médicaux ;
• limpact direct de la situation sur nos commerçants et nos entreprises locales ;
• et plus largement, les conséquences sociales et économiques pour l’ensemble du territoire.
Deux heures d’échanges, marquées par le partage de situations humaines difficiles et complexes.réunions d’informations
réunions d’informations
Une première réunion, en présence des élus locaux, destinée aux artisans et aux entreprises implantés à Mérens-les-Vals et l’Hospitalet-près-l’Andorre s’est tenue la semaine dernière sous l’égide de la préfecture de l’Ariège : tous les moyens pour venir en aide au secteur économique sont d’ores et déjà déployés.Une prochaine rencontre sera organisée rapidement pour continuer le soutien, en lien avec la CCI. Voir interview du Maire de Merens les Vals
L’éboulement rocheux d’une ampleur exceptionnelle bouleverse la vie de la Haute-Ariège depuis le 31 janvier dernier. La RN20, axe vital de la vallée, est coupée dans les deux sens entre le giratoire sud d’Ax-les-Thermes et l’Hospitalet-près-l’Andorre, isolant de fait plusieurs communes du reste du département.
Un chantier titanesque qui démarre
Les premiers travaux de sécurisation de la falaise ont débuté ce lundi 9 février, mobilisant les experts de la DIRSO, du RTM, du CEREMA et de l’entreprise spécialisée NGE. Tous s’accordent sur le caractère exceptionnel de l’événement survenu dans la nuit du 30 au 31 janvier, malgré la connaissance du secteur comme zone à risques.
La durée des travaux est estimée à au moins trois mois, avec toutes les réserves liées aux aléas techniques et météorologiques. La préfecture appelle la population à ne pas se rendre sur place pour des raisons de sécurité.
L’économie locale en première ligne
Face à l’urgence, les autorités ont rapidement réagi. Une première réunion destinée aux artisans et entreprises de Mérens-les-Vals et l’Hospitalet-près-l’Andorre s’est tenue la semaine dernière. Le message du préfet Hervé Brabant est clair : tous les moyens seront déployés pour soutenir le tissu économique local, durement impacté par cette coupure.
Une seconde réunion a eut lieu ce mardi 10 février matin à Mérens-les-Vals avec les élus des communes concernées pour identifier les problématiques du quotidien et mettre en place des solutions adaptées.
La ligne ferroviaire, unique bouée de sauvetage
Après des défaillances constatées en fin de semaine dernière, le préfet a rappelé fermement à la SNCF l’impératif absolu de maintenir les navettes quotidiennes entre Ax-les-Thermes et la Tour-de-Carol, sept jours sur sept. Cette liaison ferroviaire constitue désormais le seul lien direct de communication de la vallée pour les trajets professionnels, scolaires et de santé.
Le préfet de l’Ariège a assuré les habitants, travailleurs et élus de la Haute-Ariège de la mobilisation totale de l’État et de ses partenaires pour optimiser la durée des travaux. Il prévoit de se rendre prochainement sur le terrain à leur rencontre.
Source : Préfecture de l’Ariège
Pour approfondir le sujet, écoutez nos interviews :
Kamel Chibli : « Permettre aux habitants de la Haute-Ariège de continuer à vivre et travailler »
RN20 coupée : la Haute-Ariège sous pression, l’appel à l’aide du maire de l’Hospitalet-près-l’Andorre




