C’est une page qui se tourne pour les habitants de Salvayre, de Bonnac et de Pamiers. La déviation du hameau, attendue depuis de longues années, a été inaugurée le 20 octobre en présence de Christine Téqui, présidente du Département de l’Ariège, entourée d’élus départementaux, du maire de Bonnac, de la sous-préfète de Pamiers, du maire de Pamiers, également président de la Communauté de communes des Portes d’Ariège Pyrénées, et du président de l’association des riverains de Salvayre.
Ce projet porté par le Département répond à une préoccupation ancienne. Jusqu’ici, la traversée du hameau voyait passer jusqu’à 12 500 véhicules par jour, dont 650 poids lourds, sur l’axe de la RD820, l’ancienne RN20. La nouvelle infrastructure détourne l’essentiel de ce trafic de transit en dehors des habitations, avec à la clé davantage de sécurité aux abords des maisons, des déplacements quotidiens plus fluides et des nuisances sonores atténuées.
Concrètement, il s’agit d’une route bidirectionnelle à deux voies, ponctuée de deux carrefours giratoires, l’un au nord et l’autre au sud, qui contourne le hameau sur les communes de Bonnac et de Pamiers. Pour limiter le bruit, le chantier a eu recours à des enrobés à performance phonique et à des murs anti-bruit absorbants en bois, installés à proximité des habitations afin de respecter les normes acoustiques.
L’aménagement fait aussi une place aux déplacements doux. Une voie modes actifs relie désormais la zone d’activité de Gabriélat 2 à la piste cyclable existante qui longe Gabriélat 1, et reste ouverte à la circulation légère pour les habitants du hameau de Trémège. Un passage inférieur à cadre fermé, situé sur le chemin de Trémège, permet quant à lui aux piétons et aux cyclistes de passer en toute sécurité entre Bonnac et le nord de Pamiers.
Le volet environnemental occupe également une place importante. À la demande de la DREAL et à la suite des réserves émises par le Conseil national de protection de la nature, le Département a renforcé ses mesures de compensation, définies après des inventaires menés sur les quatre saisons. Pour conforter la ZNIEFF (Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique) « Plaine de Bonnac », il a créé 18 hectares de prairies messicoles et 1 500 mètres de haies bocagères. Ces mesures seront suivies pendant au moins trente ans, avec l’objectif d’éviter toute perte de biodiversité sur le secteur.
Le dossier s’inscrit dans un long parcours administratif. L’idée d’une déviation remonte à une vingtaine d’années, sous la présidence départementale de Henri Nayrou. Le projet a été soumis à étude d’impact en septembre 2018, a reçu un avis favorable de la CDPENAF (Commission départementale de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers) en janvier 2021, puis a fait l’objet d’un arrêté préfectoral de déclaration d’utilité publique en mai 2023. Un arrêté de dérogation pour les espèces protégées a suivi en octobre 2024, avant le lancement officiel du chantier le 25 novembre 2025.
Le coût total s’élève à 5,5 millions d’euros TTC, études et suivi de la compensation environnementale sur trente ans compris. Cette enveloppe se répartit entre 350 000 euros d’études, 400 000 euros d’acquisitions foncières, 4 millions d’euros de travaux et 750 000 euros pour le suivi écologique et l’entretien des mesures compensatoires. Le Département souligne que le coût initial estimé en 2019 atteignait 7 millions d’euros, soit une économie de 1,5 million sur ses fonds propres. Le Département a assuré la maîtrise d’ouvrage et sa Direction des Routes départementales la maîtrise d’œuvre. Les travaux ont été confiés notamment aux entreprises Razel-Bec, Colas Varilhes, Clarac Espaces Verts et Signaux Girod.
Avec cet investissement, le Département de l’Ariège estime répondre à une double attente : des déplacements plus sûrs et un cadre de vie amélioré pour les riverains, tout en préservant le milieu naturel.



