INTERVIEW 🎙️ À l’occasion des vœux à la presse, la présidente de la CCI de l’Ariège, Josiane Gouze-Fauré, a dressé aux côté de son directeur général Nicolas Couvreur, un panorama lucide de l’année 2026. Conjoncture économique tendue, fragilisation des commerces de centre-ville, mutations profondes liées au digital, mais aussi instabilité politique et budgétaire : une équation complexe à laquelle la Chambre consulaire entend répondre par l’optimisme, l’accompagnement et le collectif.
Une conjoncture économique sous tension
La présidente ne minimise pas les difficultés. Pour elle, 2026 s’inscrit dans une période de mutations profondes, marquée par des conflits internationaux, des incertitudes économiques et une pression accrue sur les entreprises locales. Pourtant, refuser le fatalisme reste un principe directeur.
On ne va pas nier que nous traversons une période profonde de mutations et de doutes. Mais ce n’est pas avec le pessimisme que nous allons créer de l’emploi et bâtir des entreprises dans l’Ariège. »
Dans ce contexte, la CCI se positionne comme un repère pour les entrepreneurs, les aidant à traverser une année qualifiée de « spéciale », où la visibilité reste limitée.
Le commerce de centre-ville, une fragilité partagée
La déprise commerciale n’est pas propre à l’Ariège. Forte de son rôle de présidente de la commission commerce à la CCI Occitanie, Josiane Gouze-Fauré constate les mêmes difficultés à Montpellier, Narbonne ou ailleurs : concurrence du digital, baisse du pouvoir d’achat, évolution des comportements de consommation.
Aujourd’hui, le commerce du centre-ville souffre, partout. Le citoyen regarde d’abord le prix, et le pouvoir d’achat n’est pas au rendez-vous.
Face à cela, la CCI prépare pour 2026 des propositions concrètes afin d’aider les commerces à retrouver de la fréquentation et améliorer leur chiffre d’affaires.
Miser sur le collectif pour redynamiser les territoires
Si les associations de commerçants restent des interlocuteurs clés, la présidente observe un essoufflement du collectif dans certains centres-villes. Pour elle, l’union demeure la condition première de la réussite.
Plus on est tous ensemble, plus on est fort. C’est mon ADN à la CCI.
La Chambre soutient ainsi les initiatives locales, notamment par l’octroi de subventions destinées à encourager animations et manifestations, véritables leviers d’attractivité commerciale.
L’industrie, un exemple inspirant en Ariège
À l’inverse, le collectif des industriels ariégeois (Ariège Industrie) illustre la force du travail collectif. Les visites régulières d’entreprises, comme celle de la papeterie La Moulasse à Saint-Girons, favorisent les échanges d’expériences et la mutualisation des solutions. Cette dynamique, associant industriels, État et collectivités, constitue pour la CCI un modèle à dupliquer.
Une année politique incertaine, mais une feuille de route claire
Instabilité institutionnelle, reports d’élections, incertitudes budgétaires : la visibilité reste faible pour les mois à venir. Pour autant, Josiane Gouze-Fauré se veut pragmatique :
De toute façon, on n’a pas le choix. Il faut continuer à avancer, accompagner les entreprises et s’adapter.
Quant à son avenir, la présidente l’annonce sans détour : son mandat s’achèvera fin 2027, sans renouvellement, dans le respect des directives de l’État.
En 2026, l’économie ariégeoise avance donc sur une ligne de crête : entre incertitudes globales et volonté locale, la CCI entend maintenir le cap, convaincue que l’optimisme et le collectif restent les meilleurs moteurs de résilience.





