Une nouvelle fois, la DNC frappe durement l’Ariège. Ce jour, sur la commune de Léran, dans l’est du département de Ariège, un troupeau entier de 113 vaches est voué à l’abattage total, malgré la vaccination des animaux. Un drame humain, agricole et territorial qui suscite une vive indignation chez les éleveurs, les élus locaux et les organisations paysannes.
Un abattage subi, un traumatisme de plus
La famille d’éleveurs concernée a fait le choix, contraint et douloureux, de se soumettre à la décision administrative, sans souhaiter de mobilisation sur site. Mais pour les acteurs locaux, il s’agit bien d’un nouveau traumatisme, venant s’ajouter à une longue série depuis le début de l’épidémie. Le diagnostic, posé sur un troupeau vacciné, relance de manière brutale le débat sur l’efficacité et la cohérence de la stratégie sanitaire de l’État.
Les maires ruraux montent au créneau
En soutien à l’agriculture ariégeoise et à ses éleveurs, les maires ruraux du territoire dénoncent une politique jugée injuste, incohérente et déconnectée des réalités du terrain. Ils revendiquent notamment auprès de l’État :
- des explications claires sur le maintien de l’abattage total après vaccination ;
- la remise en cause du plafond de 4 500 € d’aides par exploitation, jugé dérisoire face aux pertes subies ;
- la sortie de ces aides du régime des minimis, considéré comme pénalisant ;
- un assouplissement de la commande publique afin de permettre l’intégration de la viande issue des animaux sortant du blocage sanitaire dans la restauration collective.
Face à l’absence de réponses satisfaisantes, certains élus évoquent désormais des mesures radicales, allant jusqu’à la remise des écharpes tricolores ou des démissions.
La Confédération Paysanne dénonce une politique “brutale et inefficace”
De son côté, la Confédération Paysanne condamne fermement une politique sanitaire qualifiée de « brutale, autoritaire et inhumaine ». Le syndicat rappelle avoir, depuis plusieurs mois, proposé une alternative fondée sur :
- l’euthanasie ciblée des seuls animaux malades ;
- l’accès généralisé à la vaccination ;
- une véritable politique de recherche sur les maladies animales.
En Ariège, un protocole alternatif, élaboré collectivement par la profession, aurait été balayé d’un revers de main par le ministère, renforçant le sentiment d’injustice et d’incompréhension. Pour la Confédération Paysanne, le cas de Léran est une preuve supplémentaire de l’inefficacité du dispositif actuel.
Une mobilisation ce vendredi à Mirepoix
Élus, paysans et citoyens sont appelés à se rassembler ce vendredi 2 janvier 2026 à 12 h devant le siège de la Communauté de communes du Pays de Mirepoix, à Mirepoix. Les maires et adjoints y sont invités à porter leur écharpe tricolore, symbole d’un soutien affirmé au monde agricole.
Après des mobilisations récentes à Tarascon, la détermination reste intacte : obtenir une rencontre rapide avec le préfet, rappeler l’opposition totale à l’abattage systématique et exiger la mise en place d’un protocole sanitaire alternatif, respectueux des éleveurs, des animaux et des territoires.
Combien faudra-t-il encore d’abattages pour que l’État change de cap ? »
À Léran, comme ailleurs en Ariège, la question résonne désormais comme un cri d’alarme.
La préfecture de l’Ariège rappelait il y a à peine quelques jours que la campagne de vaccination touchait à sa fin et avait mobilisé, outre les vétérinaires des services de l’Etat : des vétérinaires volontaires, retraités ou en activité, de toute la France, des vétérinaires militaires, des élèves vétérinaires.
À la date du 30 décembre 2025, en Ariège, 70 050 animaux avaient été vaccinés, l’objectif de couverture vaccinale fixé par le Premier ministre le 16 décembre dernier était atteint. Pour rappel, l’immunité est acquise après 21 jours dès lors que 75 % des animaux sont vaccinés, représentant 95 % des exploitations, ce qui est largement le cas en Ariège
Sources : Confédération Paysanne, AMRF 09, prefecture de l’Ariège




