INTERVIEWS 🎙️ Depuis 2008, l’Ariège fait figure d’exception en France. Le département vient de renouveler son engagement en faveur de l’enfance et de la jeunesse en signant un nouveau schéma départemental des politiques socio-éducatives concertées. Un texte co-construit, qui réunit institutions, fédérations d’éducation populaire et élus locaux autour d’une ambition commune : donner toutes les chances aux jeunes Ariégeois.
Jeudi 12 février 2026, Le Conseil départemental de l’Ariège et ses partenaires (l’État, la CAF, la MSA et les Fédérations d’Éducation Populaire) ont signé un nouveau projet socio-éducatif concerté pour les cinq prochaines années.
C’est une signature qui marque bien plus qu’un simple renouvellement administratif. En renouvelant leur projet départemental des politiques socio-éducatives concertées, les acteurs ariégeois de l’éducation et de la jeunesse ont réaffirmé leur attachement à un modèle de gouvernance rare, fondé sur la confiance mutuelle, la co-construction et la proximité avec les territoires.
Christine Téqui, présidente du Conseil départemental de l’Ariège, a rappelé la portée du geste : il ne s’agit pas seulement de déployer des actions concrètes sur le terrain, mais de poser les fondations d’un travail véritablement partenarial, guidé par dix principes fondateurs.
Ce qu’on a signé, c’est plus que le déploiement concret sur les territoires, ce sont les grands principes qui doivent mener un travail partenarial.
Christine Téqui, Présidente du Conseil départemental de l’Ariège
Parmi ces principes : la concertation permanente, la continuité des engagements et l’évaluation régulière des actions menées. Les communautés de communes gardent toute leur place dans le dispositif, puisqu’il leur revient de décider quelles actions concrètes elles souhaitent accompagner dans le cadre du schéma.
18 ans d’un modèle unique en France
Tout a commencé en 2008, avec un premier contrat qui posait les jalons de cette politique ambitieuse. Près de vingt ans plus tard, le modèle ariégeois a considérablement évolué — notamment dans sa gouvernance. La grande nouveauté de ce nouveau cycle quinquennal : une structure plus horizontale, où chaque participant — institution, fédération d’éducation populaire ou élu de territoire — dispose du même poids dans les prises de décision.
Christian Rouch, représentant des fédérations d’éducation populaire, insiste sur la singularité de la démarche ariégeoise :
Je ne suis pas sûr que dans beaucoup de départements en France, il y ait ce genre de politique et de concertation.
Christian Rouch, représentant des fédérations d’éducation populaire
Une fierté que partage l’ensemble des signataires : l’Ariège serait même pionnière à l’échelle de l’Occitanie, voire au niveau national, dans ce type d’approche concertée des politiques éducatives. Ce modèle est né dans les années 2000, à partir des projets éducatifs locaux, avec l’idée que l’éducation des enfants et des jeunes ne se fait pas « chacun dans son coin », mais ensemble, pierre par pierre.
De la crèche aux séjours jeunesse : un accompagnement de 0 à tout âge
L’éducation populaire, ce n’est pas seulement l’école. En Ariège, les fédérations interviennent dès la petite enfance — crèches, accueils de la petite enfance — et accompagnent les jeunes bien au-delà de l’adolescence, dans des ateliers, des séjours, des manifestations culturelles ou sportives. Le schéma couvre ainsi un champ très large : périscolaire, scolaire, extrascolaire et familial.
L’éducation populaire, ça va de zéro jusqu’à X années… la jeunesse, on ne peut pas dire que ça s’arrête à tel âge en particulier.
Christian Rouch
Des rencontres régulières entre tous les acteurs — par collège d’abord (institutions, fédérations, élus), puis en sessions intercollégiales — permettent d’ajuster en continu les orientations du projet. Car comme le souligne la présidente du Département, « ce projet n’est pas inscrit dans le marbre ». Il peut évoluer, se corriger, se réinventer au fil des besoins des territoires et des jeunes.
Interview de Christine Téqui avec Radio Transparence





