PODCAST 🎙️ Lors d’une conférence de presse en ligne organisée par la Région Occitanie, les élus régionaux ont fait un point d’étape sur la fermeture temporaire de la ligne ferroviaire Foix–Latour-de-Carol, fortement impactée par des événements climatiques successifs. Autour de la visio : Kamel Chibli, élu ariégeois, et Jean-Luc Gibelin, vice-président en charge des Transports, en présence notamment d’Azinat.com TV, de Radio Transparence et de La Gazette Ariégeoise.
Depuis trois semaines, la situation ne cesse de se dégrader sur la ligne reliant Foix à Ax-les-Thermes, intégrée à l’axe structurant Foix–Latour-de-Carol. Après un éboulement, la fermeture de la RN20, puis la tempête Niels le 18 février, c’est désormais un affaissement de voie entre Tarascon-sur-Ariège et Foix qui contraint à une interruption du trafic.
Pour Jean-Luc Gibelin, ces événements illustrent une réalité désormais tangible :
Nous sommes dans des périodes où nous vivons en grand ce que nous avons dit depuis longtemps. La transition écologique est en marche, et nous en subissons concrètement les conséquences. Dans un territoire de montagne, l’accumulation d’eau fragilise durablement les ouvrages en terre. »
Sécheresse prolongée suivie d’épisodes pluvieux intenses : les Pyrénées paient un lourd tribut. Les infiltrations d’eau continuent d’affaiblir les talus ferroviaires, parfois plusieurs jours après les intempéries.
Les experts nationaux de SNCF Réseau sont actuellement mobilisés pour évaluer l’ampleur des dégâts. Une réouverture n’est pas envisagée avant le 21 du mois au minimum, sous réserve des conclusions techniques.

Le vice-président régional insiste sur la priorité donnée à la sécurité :
Quand vous voyez les images de la déformation de la voie, vous comprenez qu’un train ne peut pas circuler dessus. Les précautions prises ont permis d’éviter tout accident malgré des conditions extrêmement complexes. »
La Région rappelle qu’elle n’est pas propriétaire de l’infrastructure, celle-ci relevant de l’État via le ministère des Transports, qui en confie la gestion à SNCF Réseau. La ligne a été reclassée dans le réseau structurant national, ce qui permet une prise en charge intégrale des travaux par l’opérateur national — sans attendre de cofinancement régional.
La Région Occitanie mobilisée au-delà de ses compétences
Si l’infrastructure dépend de l’État, la SNCF Voyageurs et la Région ont rapidement renforcé l’offre pendant la fermeture de la RN20 : augmentation des allers-retours, ajout d’un train supplémentaire le mercredi pour les scolaires et mise en place du billet à 1 euro sur la section concernée.
Un effort financier conséquent, comme le souligne Jean-Luc Gibelin :
Les renforts d’offre représentent 12 300 euros par jour. Pour l’instant, il n’y a pas un centime de dédommagement de l’État. Nous avons engagé nos moyens financiers directement pour garantir la continuité du service public. »
En 17 jours, la partie haute de la ligne a transporté en moyenne 108 usagers quotidiens, confirmant la pertinence du dispositif.
Le poids des choix passés
Les élus régionaux ont également replacé la situation dans un contexte historique. Sans le Plan Rail lancé sous la présidence de Martin Malvy, la ligne aurait probablement fermé, comme d’autres axes en France. À l’époque, plus de 50 % des financements avaient été assurés par la Région Midi-Pyrénées, allant jusqu’à 92 % pour certains travaux de caténaire.
Mais tous les ouvrages — notamment les talus et ouvrages en terre — n’avaient pas pu être rénovés. Les conséquences de ces investissements incomplets se font sentir aujourd’hui.
60 millions d’euros : un effort jugé insuffisant
Fin décembre, SNCF Réseau a annoncé un plan de robustesse de 60 millions d’euros sur trois ans pour l’Occitanie. La Région plaide pour une accélération sur deux ans et un engagement financier plus fort de l’État.
Comparativement, 80 millions d’euros sont déjà mobilisés chaque année sur la partie ouest de la région. Pour Jean-Luc Gibelin, la question dépasse la seule Ariège :
Il faut que le ministère mesure qu’il y a besoin d’investir dans les infrastructures. C’est indispensable. Financer les infrastructures est une question politique de fond. »
Une vigilance accrue à l’approche des vacances
À quelques jours des vacances scolaires, l’inquiétude demeure forte. Les élus redoutent que la fragilité des massifs montagneux n’entraîne de nouveaux incidents.
Au-delà de la crise actuelle, la conférence de presse aura permis de rappeler que les enjeux climatiques, l’entretien des infrastructures et la responsabilité de l’État sont désormais au cœur du débat ferroviaire en Occitanie.
La réouverture de la ligne dépendra des conclusions techniques attendues dans les prochains jours. En attendant, la Région assure rester pleinement mobilisée pour garantir la continuité du service public et la sécurité des usagers.




