Le mois d’avril, traditionnellement charnière entre la saison hivernale et la saison estivale, n’a pas tenu toutes ses promesses cette année en Ariège. Selon les chiffres provisoires de l’Observatoire touristique de l’ADT, le département a enregistré environ 373 000 nuitées touristiques sur le mois, soit une baisse de 15 % par rapport à avril 2025 et de 12 % par rapport à la moyenne des quatre dernières années.
Pâques au beau fixe, le reste du mois moins convaincant
Le week-end de Pâques, du 4 au 6 avril, a néanmoins constitué un point lumineux dans ce tableau morose. Avec plus de 26 000 nuitées le dimanche et plus de 22 600 le samedi, le département a attiré du monde, notamment grâce à la clientèle espagnole présente en nombre durant la Semaine Sainte. Les excursionnistes ont également été nombreux ce week-end-là, avec un pic de plus de 40 500 visites à la journée le dimanche 5 avril.
Mais la dynamique n’a pas tenu sur l’ensemble du mois. La météo, d’abord encourageante, s’est rapidement dégradée avec des précipitations et un net rafraîchissement des températures, décourageant les déplacements sur les vacances scolaires. Au total, près de 624 000 excursions ont été comptabilisées sur le mois, en recul de 7 % par rapport à l’année précédente.
Des professionnels inquiets
Sur le terrain, le ressenti des acteurs du tourisme ariégeois est sans ambiguïté. Plus de 60 % des professionnels interrogés se déclarent peu ou pas satisfaits de leur activité en avril, et 56 % estiment que leur activité a été inférieure à celle d’avril 2025 — soit 28 points de moins qu’au même mois l’an dernier.
Les hébergeurs sont particulièrement touchés : 53 % d’entre eux font état d’un recul par rapport à l’année précédente. Hôtellerie de plein air, chambres d’hôtes et hébergements collectifs affichent les résultats les plus décevants, tandis que les hôtels et les locations enregistrent une légère hausse.
Les professionnels pointent plusieurs facteurs aggravants : la flambée des prix du carburant, le contexte géopolitique international qui freine les déplacements, et la suspension de la ligne ferroviaire entre Foix et Ax-les-Thermes depuis le 18 février, à la suite d’un glissement de terrain, qui continue de compliquer l’accès au territoire.
Des disparités territoriales marquées
Toutes les destinations ariégeoises ne sont pas logées à la même enseigne. Les professionnels du Couserans et des Portes d’Ariège Pyrénées tirent leur épingle du jeu : respectivement 59 % et 50 % d’entre eux jugent leur activité au moins équivalente à celle de l’année dernière. En revanche, les Pyrénées Ariégeoises et la destination Foix Ariège Pyrénées accusent le coup, avec 76 % et 67 % de professionnels en retrait.
Le regard tourné vers l’été
Malgré ce bilan en demi-teinte, les perspectives pour les prochaines semaines sont plus encourageantes. Le mois de mai, rythmé par quatre jours fériés — dont les 1er et 8 mai tombant un vendredi, permettant de longs week-ends, l’Ascension et la Pentecôte le 25 mai — suscite l’optimisme : 43 % des professionnels anticipent une activité encourageante. Pour juin, ils sont 46 % à envisager une fréquentation d’assez encourageante à très encourageante.
L’Ariège reste une destination attractive. Il lui faudra compter sur le retour du beau temps et, espérons-le, sur une accalmie des tensions qui pèsent sur le budget des voyageurs, pour que l’été 2026 tienne ses promesses.
La note de conjoncture de l’ADT détermine les ressentis sur la période écoulée et les tendances du mois à venir à partir de l’opinion des professionnels interrogés. Ces résultats ne peuvent en aucun cas se substituer aux analyses quantitatives et qualitatives. Les résultats présentés sont issus d’une enquête en ligne menée du 28 avril au 12 mai 2026 sur un échantillon représentatif de professionnels (taux de réponse : 24%).
Partenaires : Offices de Tourisme, AD’OCC – Agence d’Attractivité et de Développement d’Occitanie






