Dans un contexte de recrudescence des attaques sur les troupeaux en montagne, l’État annonce une nouvelle mesure destinée à accélérer la prise en charge des dégâts causés par le loup dans les Pyrénées-Orientales. Le préfet Pierre Regnault de la Mothe vient de signer un arrêté mettant en place un « constat déclaratif de dommages », une expérimentation censée simplifier la vie des éleveurs tout en renforçant la réactivité des services de l’État.
Cette décision fait suite aux échanges engagés avec les représentants du monde agricole lors d’un déplacement en Cerdagne en septembre dernier. Sur le terrain, les éleveurs dénonçaient depuis plusieurs mois la complexité des procédures administratives et les délais parfois trop longs pour faire constater les attaques, notamment dans les estives isolées et difficiles d’accès.
Avec ce nouveau dispositif, les éleveurs pourront désormais déclarer directement les dommages constatés sur leurs troupeaux. L’objectif : déclencher plus rapidement l’expertise des attaques et accélérer, lorsque cela est justifié, l’instruction des dossiers d’indemnisation.
« Cette nouvelle procédure permettra une intervention plus rapide sur les estives les plus difficiles d’accès », souligne la préfecture des Pyrénées-Orientales. Le dispositif vise également à « simplifier et fluidifier les démarches pour les éleveurs », confrontés à une pression croissante de la prédation sur les troupeaux ovins et caprins.
Pour autant, l’État insiste sur le maintien d’un cadre rigoureux. Les constats resteront réalisés « sous la supervision des services de l’État et de l’Office français de la biodiversité, avec le même niveau d’exigence et de rigueur ». Une précision destinée à garantir la fiabilité des expertises dans un dossier particulièrement sensible où se croisent enjeux environnementaux, économiques et sociétaux.
Cette expérimentation s’inscrit dans les orientations définies par Fabienne Buccio, dans le cadre du Plan national d’action Loup et activités d’élevage. Sur le massif pyrénéen, où le retour du prédateur continue d’alimenter les tensions entre défenseurs de la biodiversité et monde pastoral, cette mesure pourrait constituer une première étape vers une adaptation plus pragmatique des procédures aux réalités du terrain.
Dans les vallées de montagne des Pyrénées-Orientales, de la Cerdagne au Capcir, les éleveurs espèrent désormais que cette simplification administrative se traduira concrètement par une meilleure prise en compte de leurs difficultés quotidiennes face à la prédation.
Source : prefecture 66






