REPORTAGE 🎙️ Une partie du mur de l’ancienne piscine est devenue le terrain de jeu de jeunes apprentis graffeurs, invités à laisser parler leur imagination et leur créativité, le temps de quelques sessions sous l’impulsion du Conseil citoyen et ses « étés culturels ».
Il y avait le pump-track, le skate, les trottinettes et, désormais, un grand mur blanc qui n’allait pas le rester bien longtemps. Durant plusieurs journées du mois de juillet, des adolescents ont troqué pour un temps les roues et les rampes contre des bombes de peinture, pour s’initier aux secrets du graffiti. Une expérience artistique et collective proposée par le Conseil citoyen de Saint-Girons, dans le cadre des « Étés culturels », avec le concours de l’État et de la Drac dans le cadre des stages d’été proposé par le service jeunesse de la Communauté de communes Couserans-Pyrénées.
Pour les accompagner dans cette découverte, un habitué du genre : Démos, grapheur professionnel installé à Lescure et qui pratique depuis une dizaine d’années. C’est déjà la quatrième intervention qu’il réalise avec le Conseil citoyen. Sur le mur situé à l’arrière de l’ancienne piscine, face au Salat, il a cette fois accompagné une quinzaine de jeunes, de Saint-Girons et alentours, dans la réalisation d’une fresque imaginée à partir d’un thème en lien avec ce lieu d’activités ludiques et sportives.
Avant de sortir les bombes, il a fallu réfléchir, dessiner, tester. Une première séance de brainstorming a permis de faire émerger plusieurs pistes autour de ce thème. Puis est venu le temps de passer du papier au mur. « On commence par préparer le fond, puis on travaille l’esquisse sur papier avant de la reproduire sur le mur, à la craie », explique Démos. Pour ces apprentis graffeurs, il faut ensuite découvrir la bombe aérosol sur un support annexe d’abord, car le « tracé à main levé » nécessite une certaine technique, comprendre la distance, l’angle, le geste… avant de se lancer véritablement, masque sur le nez.
La fameuse « mise au carreau » permet alors de conserver les proportions et de reproduire à l’échelle les dessins imaginés. « On travaille de l’arrière-plan vers le premier plan : remplissage, contours, lumières… » Une succession de gestes qui paraît simple à regarder, mais qui demande déjà une certaine maîtrise. « On aurait pu le faire au pinceau, mais on a choisi la bombe, qui permet d’aller plus vite », sourit l’artiste graffeur.
Faire naitre une étincelle, d’abord citoyenne
Au-delà de la technique, l’expérience est surtout l’occasion de faire naître quelques « étincelles créatives », se prend à rêver Démos, lui-même autodidacte. Apprendre à regarder, à dessiner, à utiliser ses mains, à maîtriser son geste, mais aussi à accepter les idées des autres et à composer avec elles. Car une œuvre collective est aussi une affaire de compromis. Et parfois, on le sait le compromis devient lui-même tout un art.
« Sur chaque session, c’est avant tout une histoire de mieux vivre ensemble et de partage, au travers d’expériences nouvelles », souligne Mathieu, animateur du centre de loisirs du « Le&c Grand Sud » qui pilote le Pôle jeunesse pour la com/com, et accompagne les jeunes durant ces journées. En plein air, au bord du Salat, l’atelier donne aussi aux vacances une autre couleur : celle de la découverte, de la création et d’un moment passé ensemble. Une histoire, des rencontres, appelées à s’écrire encore …avec d’autres. Demos le rappelle volontiers : « Ce qui est intéressant, c’est que le graffiti vive, qu’il soit recouvert, que d’autres expressions viennent s’y ajouter. C’est le principe de cet art éphémère. » Une nouvelle vie, sous d’autres couleurs et d’autres imaginaires comme une page laissée volontairement ouverte pour d’autres.
Pour Philippe Le Saint, président du Conseil citoyen, l’objectif est également de « faire réaliser par des jeunes des projets de décors urbains de qualité », tout en leur permettant de découvrir le travail du graffiti et du street art auprès d’artistes reconnus. Une manière, aussi, de rendre les jeunes acteurs de leur environnement et de leur donner un espace d’expression.
Pour le Conseil citoyen qu’il représente, une occasion aussi d’un lancement « haut en couleurs » d’un nouvel « été culturel » qui s’annonce riche et participatif.
A l’image : Philippe Le Saint, président du Conseil Citoyen de Saint-Girons





