INTERVIEW &VIDÉO 🎙️ – Malgré deux journées marquées par la canicule et quelques imprévus de dernière minute, la 11e édition du Manouch’Muzik Festival s’est achevée à Mazères sur un bilan très positif. Avec des concerts du IN remplis à plus de 90 %, une programmation saluée par le public et cette ambiance si particulière qui fait désormais la marque du festival, Jean-Louis Sorel, son président, ne cachait pas sa satisfaction au moment de tirer le bilan de ces quatre jours.
« Extraordinaire ». C’est le mot choisi par Jean-Louis Sorel pour résumer cette 11e édition du Manouch’Muzik Festival. Un sentiment largement partagé, selon lui, par un public qui n’a cessé de témoigner de son enthousiasme au fil des quatre journées : « des journées inoubliables, extraordinaires, de la chaleur, le sourire des bénévoles… ».
Et de la chaleur, il y en a effectivement eu. Les deux premiers jours de canicule auraient pu sérieusement perturber la fréquentation. Le jeudi, après une ouverture pourtant très suivie à 11 heures, le parc du Chalet Pasteur s’est soudainement vidé au plus fort de l’après-midi. « À 14h30, comme un vol de moineaux, tout le monde disparaît », se souvient le président du festival.
Mais le public est revenu dès la fin de journée et, au final, les trois concerts du IN ont affiché un taux de remplissage supérieur à 90 %. De quoi permettre à Jean-Louis Sorel de parler d’une « très très belle édition ».
Une équipe capable de faire face aux imprévus
Cette édition aura également démontré la capacité d’adaptation de l’équipe organisatrice. Dès le premier soir, il a fallu composer avec l’absence d’Angelo Debarre, artiste majeur de la programmation, hospitalisé et donc dans l’impossibilité de se produire à Mazères.
Pas question pour autant de proposer une solution au rabais. Mozes Rosenberg et son trio ont finalement pris le relais pour une soirée que Jean-Louis Sorel qualifie de « magique ». Thalika Project, autour notamment de Samuelito et Antoine Boyer, a poursuivi la soirée dans le même esprit.
Les jours suivants ont confirmé la richesse d’une programmation construite autour des différentes expressions des musiques gitanes. Léa Llinares a notamment suscité beaucoup d’émotion avec son spectacle flamenco, avant une fin de festival portée par les violons d’Aurore Voilqué et de ses invités.
Bien plus que les concerts
Mais le Manouch’Muzik Festival ne se résume pas à sa programmation officielle. C’est aussi tout ce qui se passe entre les concerts, parfois sans avoir été véritablement programmé, qui participe à l’identité de l’événement.
Masterclass, rencontres avec les luthiers, musiciens qui sortent spontanément leurs instruments, jams improvisées à l’ombre des arbres… L’organisation ne programme pas ces moments, mais cherche volontairement à créer les conditions pour qu’ils puissent exister.
« On aménage l’espace pour le favoriser », explique Jean-Louis Sorel. Bancs, toiles d’ombrage, espace des luthiers et instruments disponibles contribuent à faire du parc un lieu de rencontres où professionnels, amateurs et public se retrouvent naturellement autour de la musique.
L’installation du festival dans le parc du Chalet Pasteur a d’ailleurs largement contribué à cette évolution. « Ça a tout changé », estime le président. La verdure, les arbres et l’atmosphère paisible du lieu ont permis au Manouch’Muzik Festival de développer cette dimension conviviale qui constitue aujourd’hui l’une de ses signatures.
Les bénévoles au cœur de la réussite
Derrière cette apparente fluidité, il y a pourtant une année entière de préparation et surtout une équipe de bénévoles particulièrement mobilisée.
Jean-Louis Sorel leur attribue une grande part du succès de cette édition : « J’ai avec moi une équipe extraordinaire qui ne s’arrête pas devant les défis, elle les relève. » Une équipe désormais rodée, capable de gérer les imprévus mais aussi de maintenir le niveau d’exigence nécessaire en matière d’accueil, de sécurité et d’organisation.
Car l’objectif dépasse finalement la seule réussite artistique : il s’agit de faire en sorte que, pendant quatre jours, les festivaliers se sentent simplement bien.
« On a essayé de prévoir que les gens soient bien, tout simplement, et que ça change du quotidien », résume Jean-Louis Sorel.
Déjà rendez-vous du 12 au 15 août 2027
À peine cette 11e édition terminée, les regards se tournent déjà vers la suivante. Jean-Louis Sorel annonce d’ores et déjà les dates : le Manouch’Muzik Festival reviendra du 12 au 15 août 2027.
Pas question pour autant de courir après les seules têtes d’affiche connues du grand public. Le festival entend rester fidèle à son identité et à la diversité des musiques gitanes : jazz manouche, musique tzigane, flamenco et rumba catalane.
« Ce n’est pas un festival de jazz manouche, c’est le festival des musiques gitanes, elles y seront toutes », insiste son président, qui promet déjà de « belles choses » et quelques surprises pour la prochaine programmation.
Et il ne faudra même pas attendre l’été prochain pour retrouver l’esprit Manouch’Muzik Festival. Un after est annoncé le 14 novembre, avant une avant-première et le dévoilement du programme au mois de mars, puis d’autres rendez-vous prévus autour de la Fête de la musique en juin et au Domaine des Oiseaux en juillet.
Une manière de prolonger tout au long de l’année ce qui fait sans doute la singularité du festival de Mazères : la musique bien sûr, mais surtout les rencontres, les émotions et le plaisir d’être ensemble.





