Littérature

« L’étreinte » de Jim & Laurent Bonneau : Le livre de la semaine

Pour parler de la rentrée littéraire en BD je vous parle d’abord de sa sortie en juin avec un titre somptueux : L’étreinte de Jim & Laurent Bonneau.

Mais avant ça les titres majeurs qui sortent en septembre :

  • Blacksad T6 de Diaz Canales et Guardino
  • Undertaker de Meyer, Delable & Dorisson
  • Châteaux Bordeaux T11 Le tonnelier, Espé & Corbeyran
  • L’agence des invisibles de Levy, Grunberg et Espé

Donc sortons en BD et sortons avec L’étreinte

Voici une BD qui a marqué cette année … même si elle n’est pas très visible dans les rayons.

Tout part d’une photo. Non, tout part d’un accident de voiture. Non. Tout part d’un processus atypique. Comme le dit Laurent Bonneau : « Nous avons opté pour une collaboration plus mouvante qu’une simple adaptation de scénario : une BD dont le processus est totalement expérimental ». Ce processus consiste à travailler sans ligne directrice de base, en partant d’abord d’un visuel (la photo), puis en avançant simultanément, au gré de son inspiration, comme une sorte de ping-pong, tissant peu à peu le canevas de l’histoire, le graphisme servant d’élan au scénario. Voilà pour la méthode.

Quant au scénario il se déroule entre une femme dans le coma, le sculpteur, mari de la femme et une photo d’une femme inconnue sur la plage de Cadaqués. Un trio des plus classique où il apparait normal que Romy Schneider apparaisse comme modèle du sculpteur. On ne peut s’empêcher de penser à « Les choses de la vie » de Sautet avec Romy, mais aussi à « Jules et Jim » de Truffaut (où Jeanne Moreau joue le rôle et non pas Romy Schneider … mais j’y ai pensé !)

L’homme, qui de fait est le narrateur est pris entre sa femme mourante et une inconnue sur la photo. Une allégorie de ce qui doit advenir, de la certitude d’une fin prochaine et d’un renouveau qui tarde.

L’énergie qu’il existe entre les dessins et les textes montre bien la réussite de cette méthode inventive et les dessins de Laurent Bonneau, parfois vacillant mets en exergue l’histoire. Les références incessantes dans la narration et dans le dessin (j’adore le portrait de l’inconnue sur la plage de Cadaqués qui fait penser à Bruno Catalano ou encore à Dali avec cette fenêtre à la place du cœur.

Voici une histoire pas banale, poétique, qui touche à l’intime et qui laisse un doux temps de plaisir.

Par Dominique Mourlane,
libraire au Relais de Poche à Verniolle

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Dominique Mourlane
Plus très jeune, pas encore tout à fait vieux, cela sous-entend qu’il a déjà un certain contenu dans ses bagages, sans être encore tout à fait sage. Un peu touche à tout durant sa carrière, il finit par se poser à Verniolle pour réaliser ses différents centres d’intérêt - passion : la lecture, la chanson, la cuisine, les mots dits les mots écrits. Le voilà depuis 2017 capitaine du vaisseau Relais de Poche : Librairie – Tartinerie - Salle de Concerts, mais avant tout lieu de tous les possibles humains… le voilà encore voguant pour de nouvelles rencontres.

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