INTERVIEW 🎙️Rencontré il y a deux mois à Limoux, lors de Pyreneo, John Palacin, président de l’Agence des Pyrénées et conseiller régional, livre une réflexion lucide et engagée sur l’avenir du massif. Entre défis climatiques, mutations économiques et enjeux de mobilité, il dessine les contours d’un futur pyrénéen fondé sur la coopération, l’innovation et la liberté de circulation. Il est cette semaine l’invité d’Azinat.com TV.
Un avenir exigeant, mais porteur d’opportunités
À l’aube de cette nouvelle année, les propos tenus par John Palacin résonnent avec une acuité particulière. Feux de forêt dans les Corbières, maladies touchant les forêts, avenir incertain des stations de montagne : les Pyrénées font face à une accumulation de défis. Pour autant, le président de l’Agence des Pyrénées refuse tout catastrophisme.
L’avenir n’a jamais été rose. Chaque époque porte son lot d’épreuves, mais aussi d’opportunités et de perspectives. »
Pour lui, la clé réside dans une approche à la fois réaliste et pragmatique, incarnée par des femmes et des hommes engagés, capables d’imaginer de nouveaux modèles économiques, de créer de l’emploi localement et de bâtir des investissements durables. Autant de leviers indispensables pour garantir un avenir vivable aux générations futures dans le massif.
Montagne et plaine : une relation d’interdépendance
John Palacin s’attache également à déconstruire une opposition trop souvent mise en avant entre métropoles et territoires ruraux. Selon lui, la montagne et la plaine ne s’opposent pas : elles fonctionnent en réseau, dans une logique d’interactions permanentes.
On oppose souvent Toulouse et les grandes villes de la plaine à la montagne. En réalité, ce sont des réseaux.
Les Pyrénées concentrent des richesses majeures — énergie, ressources alimentaires, biodiversité, espaces de ressourcement — qui profitent à l’ensemble du territoire. Encore faut-il penser, organiser et structurer ces atouts collectivement pour répondre aux enjeux de demain.
Mobilité, jeunesse et liberté
La question des mobilités occupe une place centrale dans la réflexion portée par la Région et l’Agence des Pyrénées. Pour John Palacin, il s’agit avant tout d’un enjeu de liberté, notamment pour les jeunes générations.
La liberté, sans moyen d’exercer cette liberté, ce n’est rien.
Permettre aux jeunes Pyrénéens de se déplacer, d’étudier ailleurs, de découvrir d’autres horizons, fait partie intégrante de leur construction. Certains partiront, d’autres reviendront. Parallèlement, le massif attire de nouveaux habitants : retraités en quête de qualité de vie, mais aussi jeunes actifs urbains désireux de reprendre des entreprises ou de développer des activités innovantes.
Une identité façonnée par l’échange
Enfin, John Palacin rappelle que l’identité pyrénéenne s’est toujours construite dans le mouvement et les échanges. Bien loin d’une vision figée de l’authenticité, il revendique une montagne ouverte, traversée depuis des siècles par les circulations humaines et économiques.
Les Pyrénées n’ont jamais été immobiles. Ça a toujours été un monde de passage, d’échange et de partage
Du traité des Lies et passeries au XVIIe siècle aux migrations plus contemporaines, le massif pyrénéen demeure un espace vivant, façonné par l’histoire et tourné vers l’avenir.
Un message fort, porteur d’espoir et de responsabilités, à l’image des défis que les Pyrénées auront à relever dans les années à venir.




