REPORTAGE 🎥 Fondée en 1994, l’école Calandreta del País de Pamias accueille aujourd’hui 64 élèves de la toute petite section au CM2 dans un projet éducatif unique : l’immersion totale en langue occitane. À l’approche de sa journée portes ouvertes du 7 février, Sandra Bernard, chef d’établissement et enseignante en maternelle, nous présente cette école associative qui conjugue transmission linguistique et pédagogie active.
Une immersion linguistique dès le plus jeune âge
« Dès que les parents passent la porte de ma classe, ils m’entendent parler en occitan et les enfants commencent au fur et à mesure à interagir en occitan », explique Sandra Bernard. L’établissement, qui compte trois classes multi-niveaux, propose un enseignement intégralement en occitan de la maternelle jusqu’au CM2. « Les enfants qui sortent de notre établissement sont totalement bilingues et leur niveau de langue est reconnu au niveau européen par le diplôme à l’oukami des langues qui est niveau B2 », précise-t-elle.
Le français n’est introduit qu’à partir du CE1, à raison de trois heures hebdomadaires, pour atteindre progressivement six heures en CM2. « L’occitan est très soutenant pour l’orthographe en français, puisqu’en Occitan, toutes les lettres s’entendent quand elles se prononcent », souligne la directrice, qui met en avant la comparaison entre les deux langues comme outil d’apprentissage.
Une pédagogie coopérative
Au-delà de la langue, l’école se distingue par ses méthodes pédagogiques innovantes. « Nous utilisons les outils de la pédagogie institutionnelle, les mouvements de langage collectif, le Quoi de Neuf, le conseil de classe », détaille Sandra Bernard. L’autonomie, la coopération et le parrainage entre élèves constituent les piliers de cet enseignement.
Des parents convaincus
Camille Bilhac, mère d’une élève en grande section, témoigne : « Que ma fille ait un enseignement dans cette langue qui aille au-delà d’une option ou d’une simple initiation, c’était vraiment important pour moi. » Elle apprécie particulièrement « cette pédagogie qui amène de l’ouverture d’esprit et de la coopération entre les enfants ».
Glenn Cloarec, originaire de Bretagne et parent de deux élèves, partage cette conviction : « Pour moi, c’est très important d’apprendre la langue et la culture du territoire dans lequel on vit, parce que c’est un peu fondamental. » Il souligne également l’intérêt du plurilinguisme : « Le fait qu’ils apprennent une langue autre que celle du français, ça donne un peu de plasticité cérébrale. »
Quatre piliers pour faire école
« Il y a la langue, il y a la culture, il y a la pédagogie et il y a s’associer pour faire école », résume Camille Bilhac. Cette dimension associative est centrale : les parents gèrent l’ensemble du fonctionnement hors classe, des bâtiments à la cantine. « C’est tous ensemble qu’on la fait vivre, qu’on la fait exister, qu’on la fait avancer », insiste-t-elle.
Un réseau en Occitanie
La Calandreta de Pamiers n’est pas isolée. L’Ariège compte un deuxième établissement à Saint-Girons, et le réseau occitan regroupe plus de 60 écoles de la maternelle au lycée. Les élèves peuvent poursuivre leur scolarité au collège Calandreta de Toulouse, puis au lycée de Montpellier, voire jusqu’à l’université Jean Jaurès de Toulouse où des cursus entièrement en occitan sont proposés.
« Ça fait vraiment une continuité de trois ans jusqu’au-delà de ses 18 ans », se réjouit Sandra Bernard, qui rappelle que « tous les anciens qui reviennent semblent être bien épanouis, que ce soit dans leur vie personnelle, dans leur vie sociale et dans leur vie professionnelle ».
Journée portes ouvertes le samedi 7 février de 9h à 13h à l’école Calandreta del País de Pamias. Inscriptions possibles dès la toute petite section





