INTERVIEW 🎙️Nour Malowé a reçu le prix du Salon de Mazamet pour son premier roman Toulkelila, et Les Rumeurs de la Terre a remporté le prix des Gourmets des Lettres de la ville de Toulouse 2015, le prix Figeac 2015 et le prix de la LICRA 2017. Elle a obtenu, pour son roman : Le printemps reviendra, qui s’intéresse au sort des femmes afghanes, le prix littéraire de la Grande Mosquée de Paris en 2024. Nour est au Relais de Poche pour parler de son dernier roman.
Bonjour Nour Malowé, c’est toujours avec un réel plaisir que je vous accueille au Relais de Poche ce qui augure chaque fois un nouvel ouvrage et de nouveaux échanges sur votre travail qui me fascine.
Comme j’ai pu poser la question à Franck Bouysse j’ai la faiblesse de croie que vous construisez une œuvre également, tant je ressens la progression de votre écriture et de votre style.
Je ne sais si c’est un hasard de l’histoire ou bien si vous aviez senti avant tout le monde que la Birmanie viendrait en tête de l’actualité, mais il semblerait que le monde se réveille à ce qui se passe dans ce pays appelé maintenant Myanmar. J’ai récemment vu une photo de ce que vous décrivez bien dans votre livre dans la ville de Naypyidaw, nouvelle capitale, cette autoroute à huit voies ne voyant qu’un cycliste, un balayeur et une voiture rouler. Cette ville est un grand mystère.
Votre livre Garcia Lorca et le poète birman interpelle dès son titre ; je me suis demandé où vous alliez nous transporter. Et je dois dire que je n’ai pas été déçu. Vous faites alterner le récit du poète birman, Arun, de sa jeunesse auprès de son père général outil de la junte militaire à sa condamnation à balayer Naypyidaw, avec Jack, poète français en peine d’écriture qui fait un voyage en Birmanie pour tenter de se retrouver … ou se perdre. Les deux rencontres de ces deux personnages sont essentielles à la structure du livre. Mais vous y introduisez, encore plus que d’habitude dans vos ouvrages, de la poésie. Cette fois ci vous en avez pris le parti puisque votre ouvrage tourne autour de deux poètes et même trois avec en toile de fond Garcia Lorca.
Et puis il y a l’amour omniprésent dans vos livres qui cette fois se noue entre Arun et Htwe (que je ne sais pas dire !). Cet amour sera leur échappatoire et leur perte.
Enfin vous mettez en avant la littérature et vous signalez un livre interdit en Birmanie Noces de sang de Garcia Lorca. Au-delà de cette métaphore, comment voyez vous l’avenir de la littérature en France et dans le monde ?Enfin avez-vous déjà un projet dans votre besace ?
Par Dominique Mourlane,
libraire au Relais de Poche à Verniolle

Quand la dictature bâillonne, la littérature devient résistance.
Un roman incandescent sur le pouvoir de la littérature face à l’oppression.
– Apportez-moi un livre interdit.
– Un livre interdit ?
– García Lorca, Noces de sang. Ce livre détient la réponse à l’énigme de ma vie.
Depuis des décennies, la Birmanie vit sous le joug d’une junte militaire impitoyable. Là-bas, les mots sont plus redoutés que les armes : lire est un crime, et la littérature, un acte de résistance.
C’est à Naypyidaw, capitale démesurée et presque vide, que se croisent Arun, fils d’un général, poète bâillonné par le totalitarisme, et Jack, écrivain français en exil, à bout de souffle. Ils ont la littérature en commun : l’un mourrait pour elle, l’autre n’attend qu’elle pour revivre.
Jack est celui qu’Arun espérait, celui qui le mènera au livre interdit.
Au-delà du récit d’aventure et de la fable politique, García Lorca et le poète birman est une ode à la littérature comme ultime refuge contre la barbarie. À travers la destinée tragique d’Arun, Nour Malowé signe un roman incandescent sur le pouvoir des mots, la beauté, l’amour et la liberté – ces armes silencieuses qui défient l’obscurantisme.




