REPORTAGE 🎥 Race locale de montagne encore menacée, le cheval castillonnais doit sa progression à l’engagement patient d’éleveurs et de passionnés. À Montégut-Plantaurel, Priscilla Milhorat est de ceux-là.
Originaire de la vallée du Biros, le Castillonnais a bien failli disparaître. Reconnu officiellement comme race de sang par le ministère de l’Agriculture en 1996, il est le seul à avoir obtenu le label « Cheval de Montagne ». Autant de mesures et de signes de reconnaissance qui consacrent ce cheval rustique, robuste et sûr, cousin encore trop méconnu du Mérens, aux effectifs fragiles.
Des éleveurs passionnés œuvrent à sa sauvegarde. Parmi eux, Priscilla Milhorat élève aujourd’hui Mérens et Castillonnais, deux races locales qu’elle a appris à connaître au fil de rencontres décisives. Issue d’une famille d’agriculteurs à Pailhès, elle découvre autrement ces races locales, auprès d’éleveurs passionnés et progressivement suit leurs traces, au pas du cheval et se lance dans l’élevage en 2018 au sein du GAEC familial, avec une poignée de poulinières.
Élever, transmettre et faire découvrir
Depuis janvier 2026, Priscilla Milhorat est installée seule aux Écuries de la Borde, à Montégut-Plantaurel. Sur 48 hectares de zone montagneuse, elle possède aujourd’hui un troupeau d’une cinquantaine de Mérens et de Castillonnais, dont quinze poulinières agréées. Six à huit poulains naissent chaque année et sont élevés selon un mode traditionnel fondé notamment sur la transhumance. Autour de l’élevage et du débourrage, au rythme de la montagne et des estives, Priscilla a peu à peu construit un projet plus large, avec le tourisme équestre, une autre passion née de l’enfance.
D’avril à fin octobre, elle organise des sorties de quelques heures à plusieurs jours, accessibles aux débutants comme aux cavaliers confirmés. Itinérances où le cheval devient une porte d’entrée vers l’Ariège. Au fil des chemins, elle associe tourisme équestre, paysages, patrimoine, producteurs, artisans et savoir-faire locaux. « L’Ariège est un territoire riche sur plein d’aspects […] qu’il faut mettre en avant, partager et faire découvrir », résume-t-elle. Une manière de relier la pratique équestre à une découverte attentive du territoire et la valorisation de cette race locale.
Son engagement s’est naturellement prolongé au sein de l’Association Nationale du Cheval Castillonnais Ariège-Pyrénées (ANCCAP), dont elle est secrétaire depuis près de cinq ans. Agréée par le ministère de l’Agriculture comme organisme de sélection, l’ANCCAP gère le stud-book, certifie les origines, veille à la diversité des lignées, accompagne les éleveurs, organise les concours de sélection et assure la promotion de la race. Une vigilance essentielle doublé d’un appui aux différents éleveurs pour éviter la consanguinité et conserver les caractéristiques qui font la race sans sacrifier les qualités physiques et comportementales du Castillonnais à la seule recherche du nombre.
Un travail de longue haleine qui commence à porter ses fruits même si les résultats restent fragiles. Alors que certaines années n’avaient enregistré que sept naissances, une cinquantaine ont été comptabilisées au niveau national cette année. Les effectifs suivent la même progression favorable, passés de 180 en 1998 à près de 900 sujets aujourd’hui, dont environ 90 % sont élevés en Ariège. Des progrès encourageants même si la race demeure classée parmi les populations menacées.
Sur les chemins comme dans les concours, le cheval castillonnais gagne peu à peu en visibilité, grâce à l’action collective de l’association et au travail quotidien d’éleveurs comme Priscilla Milhorat. Démonstration en sera faite les 17 et 18 octobre prochain lors du prochain concours national du cheval Castillonais qui se déroulera au centre équestre du Castéras à Prat-Bonrepaux.
A l’image : Priscilla Milhorat – éleveuse aux Écuries de la Borde à Montégut-Plantaurel.


