Education

Orientation post-bac : trois conseils pour s’inscrire sur Parcoursup

Hervé Dole, Université Paris Sud – Université Paris-Saclay

Depuis 2018, Parcoursup est le point de passage obligé des jeunes qui veulent s’inscrire en première année d’études supérieures. Cette plate-forme numérique recense toutes les formations post-bac reconnues par l’État (à quelques exceptions près, comme Sciences Po ou certaines écoles d’art), et, depuis le 22 janvier dernier, chaque candidat au bac peut y enregistrer dix vœux d’orientation.

Trop souvent, l’an passé, nous avons croisé des lycéens dépités de voir leurs demandes rejetées. Celles-ci étaient pourtant hors de leur portée, vu leur bas classement dans la liste des postulants. Or, s’ils avaient opté pour une filière « non sélective », ils auraient pu obtenir une place en fac pour étudier justement la thématique qui les intéressait.

« Je ne savais pas », nous ont répondu certains. « Mes parents ne voulaient pas que je m’y inscrive, ils disaient que la fac, c’est pour les nuls », nous ont répondu d’autres. Notons que les parents en question n’ont souvent pas connu l’université, ou il y a si longtemps que leur vision tient désormais beaucoup du cliché.

Lycéens, familles, enseignants de terminale, voici trois conseils tirés de notre expérience d’universitaires qui peuvent vous aider à éviter de voir Parcoursup se transformer en casse-tête :

  • Choisissez la ou les formations qui vous intéressent vraiment, sans autocensure.
  • Parmi vos dix vœux, réservez cependant toujours au moins deux choix à des filières « non sélectives » dans les universités, dans un domaine proche de vos souhaits et en adéquation avec votre bac.
  • Venez rencontrer en amont les enseignants et les établissements lors de leurs « journées portes ouvertes » (JPO). Attention : beaucoup auront lieu début février, faites vite !

Une offre vaste

Que de témoignages de parents nous disant « ah bon, l’université ne sélectionne pas ? C’est pourtant ce que nous avions entendu à la télé ». Soyons rationnels. De nombreuses formations à l’entrée de l’université sont non sélectives : l’université ne peut proposer que « oui » ou « oui, si » à vos vœux. Chacun a donc une place !

Parmi les formations non sélectives, certes, quelques-unes sont dites « en tension », ce qui veut dire que le nombre de candidats excède largement leurs capacités d’accueil. De ce fait, la formation est « remplie » bien avant que tous les candidats aient été appelés. Mais cela ne concerne qu’un certain nombre de filières, bien identifiées : STAPS, PACES, Droit ou encore Psychologie ou Biologie.

L’offre de formation en licence est bien plus vaste, puisque l’université, en lien avec la recherche, propose des formations dans quasiment tous les domaines de la connaissance. Notez que certaines formations sont en alternance, professionnalisantes au plus près des besoins socio-économiques.

Dans toutes ces filières, il peut aussi y avoir dix ou vingt fois plus de candidats que de places. Il est donc très probable que la première réponse que vous recevrez en mai indiquera que vous êtes sur liste d’attente. Mais votre position peut très bien évoluer vers un « oui » au cours du processus. Car vous êtes très nombreux à faire de multiples candidatures en ayant des priorités différentes, et beaucoup de places sont donc amenées à se libérer. Soyez patient !

Notre expérience est que la motivation des étudiants est un facteur déterminant de réussite. Lycéens, choisissez donc dans Parcoursup les filières qui vous plaisent, sans autocensure. Quand vous recevez des conseils, demandez-vous depuis combien de temps la personne qui vous parle a été en contact avec la réalité dont elle parle. Et, si vous n’avez pas déjà choisi l’université, rajoutez un ou deux choix de filières universitaires « non sélectives » (et au moins une dans votre académie), y compris avec de nombreux « sous choix », dans les domaines proches de vos centres d’intérêt ou de projet professionnel.

Des dispositifs d’accompagnement

Les filières non sélectives (et pas en tension) accueillent tous les étudiants qui le souhaitent. Cependant, nous recevons typiquement 8 000 candidatures pour une filière de 500 places. Si vous vous retrouvez 7 000e sur la liste d’attente, comment expliquer qu’il n’y a pas de sélection (et comment s’assurer d’avoir une place) ? Tout simplement par le nombre important de désistements, dû aux 10 ou 20 choix que chaque bachelier fait. Ainsi, la liste de candidats se réduit naturellement, sans sélection, jusqu’à ce que les 500 étudiants qui souhaitent vraiment s’inscrire puissent le faire, avec le statut « oui » ou « oui, si ».

S’il y a des inquiétudes quant à l’autonomie nécessaire aux nouveaux étudiants de Licence, il faut savoir que les universités ont déployé de forts moyens pour accompagner et mieux encadrer les premières années, en particulier les « oui, si », même si l’attente de l’université est grande sur la capacité des étudiants à rapidement adopter les bonnes méthodes de travail. Fini le temps où les étudiants pouvaient être abandonnés à leur sort dans les amphis surchargés.

Sachez que d’autres formations universitaires accessibles après le bac sont sélectives par construction, comme les IUT, les cycles d’ingénieur, et les double licences. Les universités peuvent alors vous indiquer « oui », « oui, si » ou « non ».

Un environnement d’excellence

Si les universités ouvrent leurs portes à tous, cela ne revient pas à faire des concessions avec leurs exigences d’excellence, au contraire. Avec leurs partenaires, notamment les organismes de recherche, les universités sont à l’avant-garde des dernières avancées scientifiques. Cherchez d’où sont issus et où ont exercé l’écrasante majorité des prix Nobel : c’est bien à l’université.

Pour autant, point besoin d’être un futur Nobel pour venir étudier à l’université. La motivation compte et, avec nos partenaires du monde socio-économique, les universités d’aujourd’hui forment des citoyens responsables, disposant d’esprit critique, de valeurs humanistes, d’une autonomie et d’une prise de recul nécessaires pour s’épanouir dans la société et construire le monde de demain.

N’hésitez donc pas à vous rendez aux « journées portes ouvertes » des universités ou des écoles que vous convoitez ! Elles ont lieu en général au mois de févier, et il n’y a rien de mieux que d’écouter les conseils de ceux qui enseignent directement, de voir les locaux et l’ambiance. Et faites l’enquête sur les connaissances et compétences que vous acquerrez, les expériences que vous vivrez, les possibilités de voyages à l’étranger, ainsi que sur les perspectives d’insertion professionnelle.


Merci à Isabelle Demachy et Nathalie Hatton pour leur aide à la rédaction de cet article.The Conversation

Hervé Dole, Professeur (astrophysique et physique) – Institut d’Astrophysique Spatiale (CNRS & Univ. Paris-Sud), Université Paris Sud – Université Paris-Saclay

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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