INTERVIEW 🎙️ Face à la coupure prolongée de la RN20, la Région Occitanie a renforcé en urgence l’offre ferroviaire en Haute-Ariège. Vice-président de la Région et représentant ariégeois, Kamel Chibli détaille les mesures mises en place, leurs coûts et les enjeux à venir.
Depuis une semaine, la fermeture de la RN20 bouleverse le quotidien des habitants de la Haute-Ariège. Isolement, difficultés pour se rendre à l’école, au travail ou aux soins : la situation a nécessité une réaction rapide des pouvoirs publics. Dans ce contexte, la Région Occitanie est intervenue dans le cadre de ses compétences en matière de transports, en s’appuyant notamment sur le réseau liO.
La toute première priorité, c’était le cheminement des élèves. Nous avons identifié les besoins avec l’Éducation nationale et trouvé des solutions grâce à la ligne ferroviaire qui traverse la Haute-Ariège
Vice-président de la Région Occitanie et élu ariégeois, Kamel Chibli explique avoir agi dans l’urgence, en concertation étroite avec les élus locaux et les services de l’État. « La toute première priorité, c’était le cheminement des élèves. Nous avons identifié les besoins avec l’Éducation nationale et trouvé des solutions grâce à la ligne ferroviaire qui traverse la Haute-Ariège », souligne-t-il. Collégiens et lycéens ont ainsi pu rejoindre Axe-les-Thermes ou Foix grâce à des trains existants, complétés par des navettes adaptées jusqu’aux établissements.
Rapidement, d’autres besoins se sont imposés. Enseignants, agents communaux, soignants, animateurs, mais aussi salariés d’entreprises locales se sont retrouvés confrontés aux mêmes contraintes de déplacement. Avec la SNCF, la Région a donc revu l’organisation des circulations sur cette ligne à voie unique, un exercice complexe. Deux allers-retours supplémentaires ont été créés au départ de Latour-de-Carol, le matin et le soir, afin de s’adapter aux horaires du monde du travail et garantir des conditions de déplacement acceptables.
Normalement, c’est à l’État d’apporter des solutions à ce type de crise, mais la Région a pris ses responsabilités pour répondre à l’urgence
Mis en place pour une première période de cinq jours, ce dispositif exceptionnel représente un coût estimé entre 15 000 et 20 000 euros par semaine pour la collectivité régionale. Un effort assumé, même si la situation interpelle. « Normalement, c’est à l’État d’apporter des solutions à ce type de crise, mais la Région a pris ses responsabilités pour répondre à l’urgence et permettre aux habitants de continuer à vivre de leur travail, et parfois même à se faire soigner », insiste Kamel Chibli.
Pour les élèves, la prise en charge est totale et sans surcoût pour les familles. Pour les autres usagers, les tarifs restent pour l’instant classiques, même si une réflexion est engagée sur une éventuelle adaptation, notamment en lien avec les employeurs et l’État. Car l’inquiétude demeure : la coupure de la RN20 pourrait durer plusieurs mois, avec des impacts économiques et touristiques importants, notamment vers Porte-Puymorens et l’Andorre.
Dans l’attente de décisions nationales, la Région doit trancher rapidement sur la poursuite du dispositif au-delà de cette première semaine. Une chose est certaine pour l’élu régional : tout sera fait pour limiter les conséquences de la crise. « L’objectif est clair : que les habitants de la Haute-Ariège soient le moins impactés possible dans leur quotidien », conclut-il, saluant au passage la solidarité observée sur l’ensemble du territoire, y compris du côté andorran.





