Dengue, chikungunya, Zika… Chaque année du 1er mai au 30 novembre, l’Agence Régionale de Santé Occitanie active son dispositif de surveillance renforcée contre le moustique tigre. Après une saison 2025 exceptionnelle — la pire jamais enregistrée pour le chikungunya — autorités sanitaires et citoyens sont plus que jamais mobilisés.
2025, une année record
L’Ariège a enregistré en 2025 deux cas importés de dengue et un cas importé de chikungunya. Si ces chiffres peuvent sembler modestes, ils s’inscrivent dans un contexte régional et national particulièrement préoccupant. À l’échelle de l’Occitanie, pas moins de 89 cas autochtones de chikungunya — c’est-à-dire contractés sur place, sans voyage à l’étranger — ont été recensés sur la saison, répartis en 14 foyers. En 2024, ce chiffre était de zéro. En France métropolitaine, on dénombrait 805 cas autochtones de chikungunya, contre une poignée les années précédentes.
En Haute-Garonne, les données sont particulièrement frappantes : 47 cas de dengue importés (le plus haut d’Occitanie) et 3 cas autochtones de dengue confirmés, avec 43 traitements réalisés. En Aude et Pyrénées-Orientales, la situation est plus modérée mais pas sans risque, les P.-O. ayant enregistré un cas autochtone.
Cette flambée est directement liée à l’épidémie de chikungunya dans l’Océan Indien, et notamment à La Réunion. Des voyageurs porteurs du virus sont rentrés sur le continent, et là où le moustique tigre est présent et actif, la transmission locale a pu s’enclencher.
Le moustique tigre, un insecte à ne pas prendre à la légère
Reconnaissable à ses rayures noires et blanches, le moustique tigre (Aedes albopictus) est vecteur de maladies potentiellement graves : dengue, chikungunya et Zika. Sa particularité ? Il se déplace peu — seulement dans un rayon d’environ 150 mètres — et pond ses œufs dans de petites quantités d’eau stagnante : soucoupes de pots de fleurs, gouttières mal entretenues, jouets oubliés au jardin, bâches… Un tout petit fond d’eau suffit.
En 2026, le contexte régional reste préoccupant. À Mayotte, près de 1 000 cas de chikungunya ont déjà été recensés depuis le début de l’année. En Martinique, la dengue circule intensément. En Guyane, le chikungunya est à nouveau présent. Des voyageurs peuvent ramener le virus sans le savoir — d’où l’importance de la vigilance collective dès le retour.
CE QUE VOUS POUVEZ FAIRE DÈS AUJOURD’HUI
- Vider toutes les soucoupes et récipients contenant de l’eau stagnante
- Changer l’eau des vases et des plantes au moins une fois par semaine
- Nettoyer vos gouttières et vérifier leur bon écoulement
- Couvrir cuves, citernes et bassins d’eau
- Débroussailler et entretenir votre jardin pour éliminer les zones humides
- En voyage : porter des vêtements couvrants, utiliser des répulsifs et dormir sous moustiquaire
- Au retour d’une zone à risque : consulter un médecin en cas de fièvre dans les 7 jours
Professionnels de santé : un rôle clé dans la chaîne de prévention
Médecins et biologistes sont en première ligne. Dengue, chikungunya, Zika et fièvre du Nil occidental sont des maladies à déclaration obligatoire. Tout cas confirmé doit être signalé sans délai à l’ARS, qui déclenchera alors une enquête épidémiologique et, si nécessaire, des opérations ciblées de démoustication dans un périmètre restreint. Ces interventions ne remplacent pas la prévention individuelle, mais elles permettent de casser les chaînes de transmission locales.
La fièvre du Nil occidental : une autre menace à surveiller
Le moustique tigre n’est pas la seule espèce à surveiller. Le moustique commun (Culex) peut transmettre la fièvre du Nil occidental, une maladie endémique dans le sud de la France, notamment en Occitanie. En 2025, l’Ariège a été épargnée, mais 9 cas humains autochtones ont été recensés dans la région (Hérault, Tarn-et-Garonne, Haute-Garonne). La période à risque court également de mai à novembre.
Source : Dossier de presse ARS Occitanie, 30 avril 2026. Pour signaler la présence d’un moustique tigre près de chez





