À La Cabanasse, une trentaine d’entreprises ont participé à une réunion d’information organisée par la Chambre de Commerce et d’Industrie des Pyrénées-Orientales afin d’anticiper l’arrivée de la facturation électronique obligatoire. Une réforme qui concernera toutes les entreprises, sans exception, dès 2026.
Mardi 2 juin dernier, la Salle des Associations de La Cabanasse a accueilli une réunion d’information consacrée à la future généralisation de la facturation électronique. Organisée par la Chambre de Commerce et d’Industrie des Pyrénées-Orientales, représentée localement par Béatrice Fabre, cette rencontre a réuni 32 entreprises du territoire venues s’informer sur une réforme qui va profondément modifier les pratiques administratives des professionnels.
Pour animer cette soirée, la CCI avait fait appel à Philippe Adgé, expert-comptable, commissaire aux comptes et membre de l’Ordre des Experts-Comptables, déjà très impliqué dans la sensibilisation des acteurs économiques du département sur cette question.
Une échéance désormais très proche
« Nous sommes vraiment dans le dur puisque c’est bientôt », a rappelé Philippe Adgé devant les participants. Le calendrier est désormais fixé : à partir du 1er septembre 2026, toutes les entreprises devront être en mesure de recevoir des factures électroniques. Concernant l’émission des factures, l’obligation s’appliquera progressivement jusqu’au 1er septembre 2027 pour les plus petites structures.
Une réforme qui touche aussi bien les grandes entreprises que les PME, TPE, artisans, commerçants ou micro-entrepreneurs.
Pour l’expert-comptable, il s’agit avant tout d’une transformation comparable à d’autres grandes évolutions administratives connues ces dernières décennies : « Comme nous avons connu le passage à l’euro ou encore la déclaration d’impôt préremplie, il va falloir s’adapter à un nouveau système. »
Un défi particulier pour les petites structures
Si les entreprises déjà fortement numérisées devraient intégrer relativement facilement ces nouvelles obligations, la situation est parfois différente pour les plus petites structures.
« Pour les petites entreprises, ce n’est pas forcément très compliqué, mais cela demandera malgré tout de s’informatiser davantage ou d’acquérir un niveau de compétence numérique un peu plus élevé que celui dont elles disposent actuellement », explique Philippe Adgé.
Au cours de la soirée, les participants ont ainsi pu découvrir les notions d’« e-invoicing » et d’« e-reporting », comprendre le calendrier de mise en œuvre et identifier les démarches à entreprendre dès maintenant pour éviter toute difficulté future.
Puisqu’on nous impose cette réforme, autant essayer d’en tirer des avantages
Philippe Adgé, expert-comptable, commissaire aux comptes et membre de l’Ordre des Experts-Comptables
Derrière cette évolution réglementaire se trouve notamment la volonté de l’État de renforcer la lutte contre la fraude à la TVA. Mais au-delà de cette contrainte, Philippe Adgé a souhaité mettre en avant les bénéfices potentiels pour les entreprises.

« Puisqu’on nous impose cette réforme, autant essayer d’en tirer des avantages », souligne-t-il.
Parmi les bénéfices attendus de la facturation électronique figurent notamment un gain de temps dans le traitement administratif, une meilleure fluidité des échanges entre entreprises et une réduction des erreurs liées à la saisie manuelle des données.
« Ce ne seront plus que des échanges de flux informatiques. En théorie, cela doit permettre de diminuer les risques d’erreur », précise l’expert.
La cybersécurité, une vigilance permanente
Si la dématérialisation ouvre de nouvelles perspectives d’efficacité, elle soulève également des interrogations en matière de sécurité informatique.
« La question de la cybersécurité restera toujours présente. Aujourd’hui, elle est intégrée dans tous les systèmes informatiques et nous savons que le risque zéro n’existe pas », rappelle Philippe Adgé.
Une forte mobilisation de la CCI sur le territoire
Face aux nombreuses interrogations des professionnels, la CCI des Pyrénées-Orientales multiplie les actions d’information. Philippe Adgé a déjà animé une quinzaine de réunions similaires dans le département, notamment pour la CPME, le MEDEF, la CAPEB ou encore différents syndicats patronaux.
Malgré la diversité des publics rencontrés, l’intervenant estime que le message reste accessible : « On travaille essentiellement avec des petites entreprises. Entre les micro-entreprises et les PME déjà organisées, il est relativement facile d’adapter le discours aux réalités du terrain. »
En Cerdagne comme ailleurs, la mobilisation des acteurs économiques semble désormais engagée pour préparer cette mutation numérique qui, dans quelques mois, deviendra incontournable pour l’ensemble du tissu entrepreneurial français.





