La sécheresse estivale continue de s’intensifier dans le département. Face à un déficit de précipitations qui perdure depuis le mois d’avril, des températures exceptionnellement élevées et une baisse généralisée du niveau des cours d’eau, le préfet de l’Ariège a décidé de renforcer les mesures de restriction des usages de l’eau sur plusieurs bassins versants. Les nouvelles dispositions, prises à l’issue du comité de suivi opérationnel de l’étiage du 22 juillet, concernent désormais une grande partie du territoire départemental
Depuis plusieurs semaines, la situation hydrologique ne cesse de se dégrader. Les faibles précipitations enregistrées depuis le printemps n’ont pas permis de reconstituer les réserves, tandis que les épisodes répétés de canicule ont accéléré l’assèchement des sols et des cours d’eau. Selon les services de l’État, les besoins en irrigation agricole restent très importants alors même que les débits des rivières poursuivent leur diminution.
Le Salat passe en alerte, le Donezan en alerte renforcée
Parmi les principales évolutions de cet arrêté préfectoral figure le passage du bassin versant du Salat en niveau « Alerte », tandis que le bassin de l’Aude amont (Donezan) est désormais placé en alerte renforcée, dans la continuité des mesures déjà prises par la préfecture de l’Aude.
En revanche, plusieurs secteurs restent soumis aux restrictions les plus sévères.
Sont maintenus en crise sécheresse les bassins versants :
- de l’Arize non réalimentée,
- des affluents de la Lèze,
- des affluents de l’Ariège aval,
- du Sios,
- du Touyre,
- du Volp.
Le bassin de l’Hers-Vif non réalimenté ainsi que celui du Countirou demeurent quant à eux en alerte renforcée, tandis que l’Ariège réalimentée en aval de Foix reste en alerte pour les usages non compensés. Plusieurs autres secteurs du département restent placés en vigilance.
Des restrictions qui concernent particuliers, collectivités et agriculteurs
Les mesures varient selon le niveau d’alerte.
Dans les secteurs classés en crise, seuls les usages prioritaires sont maintenus : alimentation en eau potable, santé publique, sécurité civile, abreuvement des animaux ainsi que certains arrosages agricoles ou des potagers selon des horaires très précis.
En alerte renforcée, les restrictions deviennent beaucoup plus importantes :
- interdiction de remplir les piscines privées (hors remise à niveau),
- interdiction du lavage des voitures,
- interdiction de nettoyer façades, trottoirs et voiries,
- arrêt des fontaines fonctionnant en circuit ouvert,
- interdiction totale d’arroser pelouses, jardins d’agrément et espaces verts,
- arrosage des potagers uniquement entre 20 h et minuit puis entre 4 h et 8 h.
Les terrains sportifs sont également soumis à des restrictions très encadrées, notamment lorsqu’ils ne sont pas alimentés par le réseau d’eau potable.
Dans les secteurs placés en alerte, l’irrigation agricole est limitée à cinq jours par semaine et plusieurs usages domestiques sont également réglementés, notamment le remplissage des piscines ou le lavage des véhicules.
Un appel à la responsabilité de chacun
Même dans les zones simplement placées en vigilance, le préfet invite l’ensemble des habitants à adopter des comportements économes en eau.
Il recommande notamment de limiter les consommations domestiques, d’utiliser les appareils ménagers à pleine charge, d’installer des équipements hydro-économes et, dès à présent, d’éviter le remplissage des piscines privées ainsi que le lavage des véhicules, compte tenu de la dégradation rapide de la situation. Les collectivités sont également invitées à réduire les fuites sur les réseaux d’eau potable et à optimiser l’arrosage des espaces verts. Les industriels et les agriculteurs sont encouragés à développer les pratiques permettant d’économiser la ressource.
Des contrôles renforcés
Les services de la Direction départementale des territoires (DDT) et de l’Office français de la biodiversité poursuivront les contrôles sur l’ensemble du département afin de vérifier le respect de ces mesures.
Le non-respect des restrictions pourra entraîner des sanctions pouvant atteindre 1 500 euros pour un particulier et 7 500 euros pour une personne morale.
Vérifier la situation de sa commune
Le détail des restrictions applicables commune par commune est consultable sur le portail gouvernemental VigiEau, qui permet de connaître en temps réel le niveau d’alerte et les usages autorisés selon le secteur concerné. Le communiqué de la préfecture comporte également les cartes départementales des différents niveaux de restriction ainsi que les listes complètes des communes concernées pour les prélèvements en milieu naturel et pour l’eau potable.
source : préfecture de l’Ariège





