Ce jeudi 1er octobre, Maître Magalie Patino, déléguée de la Chambre des notaires de la Cour d’appel de Toulouse en charge du marché immobilier de l’Ariège, a présenté le bilan chiffré du département pour la période courant du 1er juillet 2025 au 30 juin 2026. Un exercice qui dessine, selon elle, un marché « très attentiste », où la baisse du nombre de transactions croise désormais la courbe des prix, toujours orientée à la hausse.
Un recul de 7,9 % des ventes à l’échelle du département
Tous biens confondus, le volume des ventes recule de 7,9 %. Les maisons anciennes, qui constituent le cœur du marché ariégeois, sont les plus touchées : 2 020 transactions ont été enregistrées sur douze mois, soit 210 de moins que l’année précédente et une baisse de 9,4 %. Pourtant, cette contraction ne s’accompagne pas d’un fléchissement des tarifs. Le prix de vente médian atteint 135 000 euros, en progression de 3,8 %.
Maisons anciennes : la Basse Ariège en tête
La Basse Ariège se distingue sur ce segment avec un prix médian de 157 300 euros (+1,5 %), un résultat que la notaire attribue à l’attractivité de Pamiers et à la proximité de Toulouse. Pamiers est d’ailleurs la commune la plus dynamique du département, avec 140 ventes de maisons anciennes sur la période. Me Patino invite toutefois à la prudence face aux écarts parfois marqués entre communes : quelques ventes d’exception suffisent à faire basculer un prix médian lorsqu’une commune enregistre à peine plus de vingt transactions par an.
Côté maisons, les acquéreurs continuent de se tourner majoritairement vers les quatre pièces (32 %) et les cinq pièces (27 %). Me Patino relève que les besoins ne changent pas malgré un contexte plus complexe pour acheter, entre inflation, hausse du coût de l’énergie et du carburant et taux d’emprunt qui ne baissent pas. Elle souligne néanmoins qu’une donnée manque : la superficie des biens, qui pourrait évoluer même si la typologie reste stable.
Appartements anciens : la Haute Ariège porte le marché
Le marché des appartements anciens, plus confidentiel, suit une trajectoire comparable. Avec 360 ventes contre 390 un an plus tôt, il perd 7,7 % de son volume, pour un niveau d’activité que la notaire compare à celui d’avant la crise sanitaire, proche des chiffres de 2017-2018. Le prix médian au mètre carré s’établit à 1 550 euros, soit une hausse de 5,9 %, ce qui reste inférieur aux départements voisins : 2 350 euros dans l’Aude, 2 410 euros dans les Pyrénées-Orientales et 2 910 euros en Haute-Garonne. À Foix, le mètre carré médian atteint 1 420 euros, en progression de 8 %.
Ce marché reste tiré par la Haute Ariège, où le prix médian grimpe à 2 050 euros du mètre carré, contre 1 410 euros dans le Couserans et 1 340 euros en Basse Ariège. Ax-les-Thermes, portée par l’attrait des stations de ski, affiche à elle seule 2 440 euros. Les deux et trois pièces demeurent les plus recherchés, avec respectivement 33 % et 26 % des ventes.
Terrains à bâtir : une embellie qui reste de niche
Le segment des terrains à bâtir est le seul à enregistrer une embellie, avec 20 ventes supplémentaires, soit une hausse de 12 %, et un prix médian de 40 000 euros (+3,1 %). La notaire rappelle cependant que ce marché reste confidentiel, avec seulement 190 ventes sur l’ensemble du département, et qu’il pâtit des politiques d’urbanisme comme de l’inflation des coûts de construction. La Basse Ariège y affiche un prix médian de 49 000 euros (+11 %), devant la Haute Ariège à 42 500 euros (+14 %) et le Couserans à 35 000 euros. Les parcelles comprises entre 900 et 1 499 m² restent les plus prisées, suivies des plus petites, de moins de 600 m², qui peuvent séduire des primo-accédants aux budgets plus contraints.
Des avant-contrats qui annoncent un second semestre dans la même veine
Les avant-contrats laissent entrevoir la poursuite de cette tendance. Au 31 juillet 2026, 462 avant-contrats avaient été signés sur le trimestre, contre 530 à la même date en 2025. Un indicateur que les notaires jugent souvent prédictif, puisque peu de ventes s’interrompent après la signature du compromis. « Il y a donc fort à croire que le 2ème semestre 2026 voit cette baisse des volumes de transaction se pérenniser », explique Me Patino.
Des acquéreurs plus jeunes et un DPE (diagnostic de performance énergétique) en légère amélioration
Une note plus encourageante vient du profil des acheteurs : les 30-39 ans sont désormais la tranche d’âge la plus représentée parmi les acquéreurs en Ariège, devant les plus de 60 ans qui occupaient cette place l’an dernier. « C’est une note d’espoir que d’observer un public plus jeune investir dans l’immobilier en Ariège », commente la notaire.
Autre élément du bilan, la part des biens vendus classés A, B, C ou D au diagnostic de performance énergétique est passée de 53 % à 58 % en un an. Me Patino invite à ne pas y voir automatiquement une amélioration du parc immobilier : le changement de réglementation entré en vigueur au 1er janvier 2026 a surtout revalorisé l’étiquette de petits appartements, qui ne constituent pas le cœur du marché ariégeois.
Une incertitude qui pèse sur les projets des ménages
En conclusion, la notaire estime que l’année observée « n’est pas exceptionnelle » et que la baisse des volumes traduit une réelle forme d’attentisme. Au-delà des taux de crédit, elle cite parmi les freins le coût du carburant, la hausse des prix de l’énergie, l’inflation et ses effets sur le niveau de vie, auxquels s’ajoutent des incertitudes politiques en période pré-électorale.
Source : communiqué de la Chambre des notaires de la Cour d’appel de Toulouse, d’après l’étude réalisée par ADNOV Immobilier à partir de la base Perval du notariat. Période du juillet 2025 au 30 juin 2026.


