PODCAST 🎙️Sécurité, stationnement, logement, propreté, animations et avenir du centre-ville : six mois après son élection, le maire de Foix, Jérôme Matéos, était l’invité d’Éric Fourcaud sur Azinat.com TV. Pendant près de 45 minutes, il est revenu sur ses premières décisions, parfois controversées, et a dévoilé plusieurs projets pour les mois et les années à venir. Entre fermeté assumée, changements de cap et volonté de redynamiser la cité comtale, le nouveau maire détaille sa feuille de route.
Sécurité : davantage de policiers, des caméras et des patrouilles nocturnes
La sécurité était l’un des engagements majeurs de Jérôme Matéos pendant la campagne municipale. Six mois après son arrivée à la mairie, il confirme vouloir en faire une priorité budgétaire.
La ville a engagé un programme de vidéoprotection représentant environ 1,2 million d’euros sur quatre ans. Un investissement contesté par une partie de l’opposition, qui s’interroge notamment sur son coût et son efficacité.
Le maire assume ce choix : « J’aimerais dépenser un million 270 000 euros à autre chose », explique-t-il, avant de rappeler que la sécurité figurait dans son programme électoral.
Au-delà des caméras, il insiste sur le renforcement des moyens humains. Les effectifs de police municipale passent de deux à cinq agents, avec l’ambition d’atteindre huit policiers avant la fin du mandat.
Les agents devraient également être équipés de pistolets à impulsion électrique et de lanceurs de balles de défense, après les formations et habilitations réglementaires. Le maire présente ces équipements comme des moyens de protection et de dissuasion.
Autre nouveauté : une patrouille municipale intervient désormais une soirée par semaine, entre 20 heures et 2 heures du matin, notamment les vendredis ou samedis.
Le déploiement des nouvelles caméras sera progressif, avec une priorité donnée aux entrées de ville et à certains secteurs stratégiques, dont les abords des établissements scolaires.
Parking de la Vigne : un renoncement assumé, mais 200 places recherchées ailleurs
C’était l’une des promesses importantes de sa campagne : agrandir le parking de la Vigne pour faciliter l’accès au centre-ville. Le projet ne verra finalement pas le jour sous la forme initialement envisagée.
Jérôme Matéos explique avoir découvert, à son arrivée, un projet architectural qui ne le convainquait pas. Mais c’est surtout la candidature du château de Foix au patrimoine mondial de l’UNESCO, dans le cadre d’un dossier transnational, qui aurait pesé dans sa décision. Selon lui, les contraintes patrimoniales rendaient le projet difficilement compatible avec les ambitions de classement.
Pour autant, le maire ne renonce pas à créer de nouvelles places de stationnement. Il évoque plusieurs pistes : une réorganisation du secteur des camping-cars, des aménagements le long de l’Ariège et surtout la possibilité de créer un niveau supplémentaire au parking de la gare.
L’objectif reste de retrouver environ 200 places, mais réparties sur plusieurs secteurs de la ville.
Autre annonce concrète : 74 places du Champ-de-Mars doivent passer en zone bleue, avec un stationnement limité dans le temps pour favoriser la rotation des véhicules.
Une mesure qui a déjà suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Le maire rappelle qu’une zone bleue n’est pas une zone payante et présente ce dispositif comme un moyen de faciliter l’accès aux commerces.
Il souligne également que le stationnement représente environ 500 000 euros de recettes annuelles pour la commune, contraventions comprises, et qu’une gratuité généralisée aurait des conséquences financières.
Logements sociaux : le maire confirme son moratoire et mise sur l’investissement privé
C’est sans doute l’un des choix politiques les plus marquants de ce début de mandat.
Jérôme Matéos confirme son intention de ne pas engager de nouvelles constructions de logements sociaux pendant son mandat.
Après l’annulation du projet concernant l’ancienne école des Bruilhols, la municipalité a également décidé de revenir sur la vente de la parcelle de l’ancienne imprimerie Gadras à l’Office public de l’habitat. Le maire estime que Foix dispose déjà d’un parc de logements sociaux important et souhaite désormais attirer davantage d’investisseurs privés.
Son objectif affiché : encourager la rénovation des immeubles anciens du centre-ville, améliorer la qualité de l’habitat et renforcer l’attractivité résidentielle. Cette orientation suscite des interrogations sur l’accès au logement des ménages modestes et des jeunes actifs.
Interrogé sur ce point, Jérôme Matéos rappelle que les besoins en logements doivent également être abordés à l’échelle intercommunale.
Il évoque aussi la mise en place d’une taxe sur les logements vacants, dont le taux doit être fixé en 2027, afin d’inciter les propriétaires à remettre leurs biens sur le marché. Concernant les Bruilhols, aucune destination définitive n’est encore arrêtée. Le maire imagine notamment des logements destinés à des actifs travaillant à Toulouse, en raison de la proximité de la gare.
Quant à l’ancienne imprimerie Gadras, elle pourrait accueillir un futur pôle culturel et artistique.
Propreté : premiers résultats en centre-ville et discussions avec le SMECTOM
La propreté constituait la première priorité de campagne du nouveau maire.
Six mois après son élection, Jérôme Matéos met en avant plusieurs premières mesures : renforcement du service de nettoiement, effacement régulier des tags et amélioration de la collecte des déchets abandonnés dans le centre-ville. Un agent supplémentaire a été recruté et les deux balayeuses municipales sont désormais opérationnelles, après une période marquée par des problèmes techniques.
Le maire reconnaît toutefois que les améliorations sont encore moins visibles dans certains quartiers.
Concernant les déchets ménagers, il annonce des discussions avancées entre la ville, le SMECTOM et l’Office public de l’habitat pour résoudre les difficultés rencontrées dans deux cités HLM, notamment à Pecherré.
Sans dévoiler encore le dispositif envisagé, il se dit satisfait de la solution proposée, dont la présentation reviendra au SMECTOM.
Il souligne également le travail des agents municipaux qui interviennent régulièrement pour enlever des dépôts de déchets, y compris sur des terrains qui ne relèvent pas directement de la responsabilité de la commune.
Gouvernance : transparence, proximité et expérimentation
Sur sa méthode de gouvernance, Jérôme Matéos revendique un contact direct avec les habitants.
Son premier baromètre ? Le marché hebdomadaire de Foix, où il explique passer plusieurs heures chaque vendredi matin pour échanger avec les commerçants et les habitants. Il met également en avant la retransmission en direct des conseils municipaux, désormais accessibles en replay, et la publication d’informations concernant ses indemnités.
Autre exemple de sa méthode : la piétonnisation de deux rues menant au château.
Après une première expérimentation estivale, une nouvelle période de test a été engagée jusqu’au début du mois de janvier, avec des horaires adaptés aux marchés, aux week-ends et aux vacances scolaires. Selon le maire, les premiers retours sont encourageants, notamment sur le calme et la qualité de vie dans ces rues.
Si le bilan est favorable, la municipalité pourrait investir dans des bornes rétractables pour pérenniser le dispositif.
Attractivité : nouveau marché de Noël, retour du carnaval et festival de bandas
C’est sur les projets d’avenir que Jérôme Matéos se montre particulièrement prolixe.
Pour relancer l’activité commerciale et touristique, le maire souhaite multiplier les animations et mieux répartir les événements dans les différents quartiers.
Premier rendez-vous : le marché de Noël 2026, dont l’organisation doit être profondément revue.
L’événement sera déplacé vers le cœur historique afin d’encourager les visiteurs à traverser les rues commerçantes. Une patinoire est envisagée dans la cour de l’hôtel de ville, avec des illuminations renforcées, des nocturnes et une ouverture prolongée après Noël.
Autre annonce : le retour du carnaval de Foix en 2027.
La municipalité souhaite mobiliser les associations, les quartiers et les agents municipaux autour d’un défilé festif. Le maire se dit lui-même prêt à monter sur un char. Un nouveau festival de bandas est également annoncé pour les 15 et 16 août 2027, avec la participation des acteurs associatifs locaux.
À plus long terme, plusieurs équipements pourraient contribuer à l’attractivité de Foix.
La chapelle Saint-Jacques devrait être transformée en espace polyvalent, destiné à accueillir différents types de manifestations. L’ancienne imprimerie Gadras pourrait devenir un centre culturel et artistique, tandis qu’une réflexion doit être menée sur l’avenir de l’ancien bâtiment touristique près du pont Vieux.
Le maire évoque également la nécessité de développer une offre de logements étudiants, alors que Foix accueille environ 500 étudiants et que certains rencontrent des difficultés pour se loger.
« Au printemps prochain, on va remettre des fleurs à Foix »
Pour conclure l’entretien, Éric Fourcaud a demandé au maire quel changement concret les habitants pourraient constater dans un an.
La réponse de Jérôme Matéos est plus simple qu’un grand chantier : le fleurissement de la ville.
« Le printemps prochain, on va remettre des fleurs à Foix », annonce-t-il.
La municipalité souhaite privilégier des espèces végétales adaptées aux épisodes de sécheresse et étudie la possibilité de réutiliser une réserve d’eau pour l’arrosage. Derrière cette annonce symbolique se dessine une ambition plus large : améliorer le cadre de vie, renforcer l’image de la ville et préparer une éventuelle augmentation de la fréquentation touristique.
Car un autre rendez-vous approche : la décision concernant la candidature du château de Foix à l’UNESCO, attendue en juillet 2027 selon le maire.
Une échéance qui pourrait peser sur plusieurs projets d’aménagement et de développement touristique.
Six mois après son élection, Jérôme Matéos revendique donc une ligne politique assumée : renforcer la sécurité, améliorer le quotidien et attirer de nouveaux habitants, investisseurs et visiteurs.
Reste désormais à mesurer, au fil du mandat, les effets concrets de ces orientations sur la vie des Fuxéennes et des Fuxéens.


