INTERVIEWS & VIDÉO 🎙️ Chaque été, le Festival Jazz à Foix ne se contente pas de faire vibrer les scènes de la ville. Dans les salles du Conservatoire, une trentaine de musiciens venus d’Ariège, d’Occitanie et parfois de bien plus loin vivent une expérience unique : quatre jours d’immersion au cœur du jazz et des musiques improvisées. Bien plus qu’un simple stage, ces masterclasses sont devenues, au fil des années, l’un des piliers discrets mais essentiels du festival.
Créées au milieu des années 2000, les masterclasses sont nées d’une idée simple : permettre aux élèves du Conservatoire de Foix de vivre pleinement l’aventure Jazz à Foix. À l’origine, seuls quelques concerts des ateliers de jazz ponctuaient la programmation. Très vite, l’enthousiasme des musiciens a convaincu les organisateurs d’aller plus loin.
« Dès le début, nous voulions que nos élèves puissent profiter de toute l’énergie du festival », explique Pascal Lawrynowicz, coordinateur des masterclasses. « Nous sommes progressivement passés de quelques rencontres à quatre journées complètes de stage. Aujourd’hui, cette formule est parfaitement installée. »
Une immersion dans l’esprit du festival
Pendant quatre jours, du lundi au jeudi précédant l’ouverture officielle du festival, une trentaine de stagiaires investissent les locaux du Conservatoire. Répartis en petits groupes, ils travaillent un répertoire spécialement conçu pour eux avant de présenter, le jeudi soir à 18 heures, un concert de restitution devenu un rendez-vous attendu du public.
L’implantation historique entre le Conservatoire et Jazz à Foix n’est d’ailleurs pas un hasard. Les deux structures ont longtemps partagé les mêmes locaux et entretiennent depuis toujours des liens très étroits.
« Il y a une véritable continuité entre le travail réalisé tout au long de l’année au Conservatoire et l’effervescence du festival », souligne Pascal Lawrynowicz.
Le jazz… mais pas seulement
Depuis cette année, la coordination pédagogique est assurée par Igor Lawrynowicz, lui-même ancien stagiaire devenu intervenant avant de prendre la direction artistique des masterclasses. Son objectif est clair : ouvrir les portes du jazz à tous les musiciens.
Nous accueillons des débutants comme des amateurs confirmés. Peu importe l’âge ou l’instrument, notre rôle est d’accompagner chacun vers la musique improvisée.
Car si le jazz reste au cœur du projet, le stage s’adresse aussi aux musiciens qui n’en maîtrisent pas encore les codes.
« Aujourd’hui, beaucoup de jeunes connaissent davantage les musiques actuelles que le jazz. Nous partons donc de musiques improvisées plus contemporaines pour les amener progressivement vers les standards du jazz et du blue. »
Une manière de rendre cette esthétique accessible sans la figer dans une image parfois intimidante.
L’improvisation comme fil conducteur
Impossible de parler de jazz sans évoquer l’improvisation. C’est même l’ADN du stage.
Durant quatre journées particulièrement intenses, les stagiaires apprennent à construire leurs improvisations, à écouter les autres musiciens, à jouer en groupe et à prendre confiance sur scène. Le travail commence bien avant leur arrivée. Les partitions sont envoyées plusieurs semaines à l’avance afin que chacun puisse préparer les morceaux chez lui.
« Quatre jours passent très vite. Nous demandons donc aux participants d’arriver avec une première connaissance du répertoire afin de consacrer le stage au travail musical collectif et à l’improvisation. »
Une porte d’entrée accessible
Aucune audition n’est organisée pour intégrer la masterclass. Seul un niveau de fin de premier cycle de conservatoire est demandé afin que chacun puisse suivre le rythme soutenu du stage. L’ambiance, elle, reste volontairement bienveillante.
« Il n’y a pas de compétition. Notre objectif est que chacun progresse à son niveau et découvre une autre manière de faire de la musique. »
Cette philosophie explique sans doute la fidélité de nombreux participants.
Des habitués… et toujours des nouveautés
Chaque été, plusieurs musiciens reviennent participer aux masterclasses, certains depuis près de dix ans.
Pour éviter toute routine, l’équipe pédagogique renouvelle régulièrement les répertoires et les approches pédagogiques. Aux côtés d’Igor Lawrynowicz interviennent notamment Guillaume Gourmaud, Mélanie Buzot et le pianiste Vladimir Sékula, actuellement étudiant au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris.
« Nous voulons que les habitués aient chaque année quelque chose de nouveau à découvrir. Le stage ne dure que quatre jours, mais il s’inscrit dans un véritable parcours d’apprentissage qui se construit au fil des éditions. »
Une autre façon de vivre Jazz à Foix
Si les spectateurs découvrent chaque soir les artistes du festival sur scène, les stagiaires vivent quant à eux une expérience plus intime, au contact quotidien de musiciens passionnés, dans une ambiance où l’apprentissage se nourrit de l’énergie du festival.
Ces masterclasses illustrent parfaitement l’esprit de Jazz à Foix : transmettre, partager et faire grandir les musiciens d’aujourd’hui comme ceux de demain.
Et lorsque le concert de restitution clôture ces quatre jours d’immersion, ce n’est plus seulement un exercice pédagogique. C’est déjà un peu le festival qui commence.





