Pyrénées Cerdagne, Pyrénées Catalanes et L’Agglo Foix-Varilhes figurent parmi les territoires retenus dans le programme national des « territoires d’électrification » dévoilé ce 11 septembre par le gouvernement. Une sélection qui place quatre territoires des Pyrénées Est au cœur d’une expérimentation destinée à accélérer la sortie des énergies fossiles, l’électrification des mobilités et plus largement celle des activités économiques.
Pyrénées Est bien représenté dans la sélection nationale
Le gouvernement a dévoilé ce 11 septembre la liste définitive des 109 « territoires d’électrification ». Le programme, initialement annoncé pour 100 territoires, a finalement été élargi à 109 lauréats, sélectionnés parmi 197 candidatures.
Pour les Pyrénées Est, quatre collectivités sont directement concernées.
Dans les Pyrénées-Orientales, la candidature retenue associe la Communauté de communes Pyrénées Catalanes, la Communauté de communes Pyrénées Cerdagne et la Communauté de communes Conflent Canigó. C’est bien ce regroupement des trois communautés de communes qui apparaît dans la liste officielle des 109 territoires.
En Ariège, L’Agglo Foix-Varilhes fait également partie des lauréats du programme national.
La carte officielle de l’Occitanie permet de visualiser cette présence des territoires pyrénéens au sein des lauréats régionaux.
Des « laboratoires de l’électrification »
L’ambition du gouvernement est de faire de ces territoires des laboratoires de l’électrification, capables d’expérimenter concrètement la réduction de la dépendance aux énergies fossiles.
Au niveau national, les 109 territoires sélectionnés représentent 6 676 communes et près d’un Français sur quatre. La dimension rurale est particulièrement importante : 87 % des communes concernées sont rurales ou appartiennent à des territoires caractérisés par un habitat rural dispersé ou très dispersé.
Une caractéristique qui donne une résonance particulière à la sélection des territoires dans les Pyrénées Est, où les questions énergétiques se posent nécessairement différemment de celles des grandes métropoles.
Habitat dispersé, climat montagnard, besoins de chauffage, distances importantes entre lieux de résidence, d’emploi et de services, mais aussi poids du tourisme, de l’agriculture et de l’artisanat : l’électrification devra ici s’adapter aux réalités du terrain.
Sortir du fioul et du gaz, électrifier les mobilités
Les territoires retenus disposent d’une marge de manœuvre pour construire leurs projets, mais le gouvernement leur fixe quatre grandes orientations : sortir du gaz, sortir du fioul, électrifier les mobilités et favoriser l’électrification des autres activités, notamment dans l’agriculture, l’artisanat et l’industrie.
Pour ces quatre territoires, la question de la mobilité pourrait notamment prendre une importance particulière.
Dans des territoires ruraux et montagnards où la voiture demeure souvent indispensable, le développement de la mobilité électrique suppose en effet de disposer d’un réseau de recharge suffisamment dense et adapté aux distances parcourues.
La rénovation énergétique et le remplacement progressif des systèmes de chauffage fonctionnant au fioul constituent également des enjeux potentiellement importants pour les communes de montagne.
Jusqu’au 1er décembre pour construire les feuilles de route
La sélection annoncée le 11 septembre n’est toutefois qu’une première étape.
Les collectivités lauréates disposent désormais de trois mois, jusqu’au 1er décembre, pour définir leurs objectifs et construire leur feuille de route pluriannuelle.
L’idée est que chaque territoire détermine sa propre trajectoire, en fonction de ses caractéristiques et de ses besoins, avec les élus, les habitants et les acteurs économiques locaux.
Chaque territoire bénéficiera pour cela de l’accompagnement d’un référent de l’Ademe, chargé de coordonner les différents acteurs mobilisés, sous le pilotage des préfets.
Une mise en œuvre prévue dès la fin 2026
Une fois ces feuilles de route définies, viendra le passage à l’action. La mise en œuvre du programme est annoncée dès la fin de l’année 2026, avec un accompagnement des territoires qui doit se poursuivre jusqu’en 2030.
Les services de l’État, notamment les Dreal et les directions départementales des territoires, doivent également être mobilisés afin de faciliter la réalisation des projets, notamment lorsque des autorisations environnementales sont nécessaires.
Sur le plan financier, les collectivités lauréates doivent pouvoir mobiliser les dispositifs du plan gouvernemental d’électrification, reposant notamment sur les certificats d’économie d’énergie. Elles sont également appelées à être parmi les premières bénéficiaires des dispositifs déployés par l’État, notamment en matière d’infrastructures de recharge pour véhicules électriques.
Quels projets demain en Cerdagne, Capcir et pays de Foix ?
Reste désormais la question essentielle : que contiendront concrètement les feuilles de route locales ?
Bornes de recharge, remplacement des chaudières au fioul, rénovation et électrification des bâtiments, équipements publics, solutions destinées aux entreprises, aux artisans ou aux agriculteurs… La sélection ouvre des possibilités, mais les choix précis restent maintenant à construire localement.
Dans les Pyrénées-Orientales, il faudra également suivre la manière dont les comcom des Pyrénées Cerdagne, Pyrénées Catalanes et Conflent Canigó organiseront leur démarche commune. En Ariège, L’Agglo Foix-Varilhes devra de son côté définir ses propres priorités.
La présence de ces collectivités parmi les 109 lauréats place ainsi les Pyrénées Est aux premières loges d’une expérimentation nationale qui doit courir jusqu’en 2030.
Avec, derrière les grandes orientations nationales, une question très concrète pour le territoire : comment réussir l’électrification dans des Pyrénées rurales et montagnardes, où les contraintes de mobilité, d’habitat et de climat ne sont pas celles des grandes villes ?
Les premières réponses devront être apportées dans les feuilles de route attendues d’ici au 1er décembre.
Source : La liste officielle des 109 territoires a été établie par le ministère chargé de l’Énergie.





