Chaque printemps, la prolifération du frelon asiatique ravive les inquiétudes des apiculteurs, des collectivités et des particuliers. Face à cette espèce invasive, les pièges sont souvent présentés comme une solution simple. Pourtant, selon un rapport d’expertise publié par l’ANA – Conservatoire d’espaces naturels Ariège, leur efficacité est loin d’être démontrée et leur utilisation peut même avoir des conséquences négatives sur la biodiversité.
L’association ariégeoise rappelle que la majorité des pièges actuellement commercialisés ou fabriqués artisisanalement capturent un grand nombre d’insectes non ciblés : abeilles sauvages, bourdons, papillons, syrphes ou encore autres pollinisateurs indispensables au fonctionnement des écosystèmes. Le bilan écologique peut ainsi s’avérer largement défavorable par rapport au nombre relativement limité de frelons asiatiques effectivement capturés.
L’ANA souligne également que les connaissances scientifiques disponibles ne permettent pas de conclure à une réelle efficacité du piégeage généralisé pour limiter durablement les populations de frelons asiatiques. Une stratégie reposant uniquement sur la multiplication des pièges dans les jardins ou les espaces publics risque donc de donner un faux sentiment d’efficacité tout en fragilisant davantage les populations d’insectes utiles.
Face à ce constat, l’association recommande une approche plus raisonnée. La destruction ciblée des nids lorsqu’ils sont localisés, l’intervention de professionnels et l’utilisation de dispositifs de piégeage uniquement dans des situations précises et encadrées apparaissent aujourd’hui comme des méthodes plus pertinentes. Cette approche rejoint les orientations du futur Plan national de lutte contre le frelon asiatique, qui met l’accent sur des actions ciblées plutôt que sur un piégeage systématique.
À travers cette publication, l’ANA invite ainsi les particuliers, les élus et les gestionnaires d’espaces naturels à s’appuyer sur les données scientifiques plutôt que sur des idées reçues. Si le frelon asiatique constitue bien une menace pour les abeilles domestiques et certains pollinisateurs, la lutte contre cette espèce ne doit pas conduire à affaiblir encore davantage la biodiversité locale.
Pour consulter l’analyse complète et les recommandations de l’ANA, rendez-vous sur : le site de l’ANA – CEN Ariège.





