Depuis la mi-juillet, l’Ariège a payé un lourd tribut à la combinaison de la canicule et d’une sécheresse exceptionnelle, avec une succession d’incendies qui a mobilisé des moyens considérables tout au long de l’été, jusque dans ses derniers jours. Retour sur une saison marquée par le feu.
Le sinistre le plus marquant reste celui de Bordes-Uchentein, dans le massif du Couserans. Déclaré le 10 juillet à 1 800 mètres d’altitude, ce feu qualifié de majeur par les autorités a nécessité l’héliportage de sapeurs-pompiers et de forestiers, faute d’accès possible pour les véhicules terrestres. L’hélicoptère Dragon 65 a assuré la dépose des équipes sur zone, appuyées par une intervention aérienne massive comptant plus d’une centaine de largages d’eau. Les opérations ont été rendues particulièrement difficiles par des conditions météorologiques défavorables, nuages bas et rafales de vent se succédant sur le secteur.
Quatre secouristes ont été légèrement blessés durant le week-end du 12 juillet. Le feu n’a finalement été fixé que le 18 juillet, au terme d’une semaine de lutte, pour un bilan qui s’est établi entre 240 et 300 hectares parcourus selon les relevés. Le GR10 a dû être fermé sur ce tronçon.
Ce même dimanche 12 juillet, cinq départs de feu distincts ont été recensés en une seule journée dans le département. À Bonnac, cinq hectares sont partis en fumée avant que les pompiers ne maîtrisent le sinistre. À Seix, un feu limité à un millier de mètres carrés a été rapidement éteint. Deux autres départs, à Montségur et à Auzat, ont respectivement détruit deux hectares et un hectare avant d’être fixés. Le feu de Bordes-Uchentein, ce jour-là encore à ses débuts, avait alors déjà parcouru une quatorzaine d’hectares. Le département a également enregistré un incendie à Les Bordes-sur-Lez, avec un bilan de 240 hectares détruits, fixé lui aussi depuis le 18 juillet. Sur la commune d’Aston, un feu de végétation s’est développé en altitude sur une surface plus limitée, totalement inaccessible aux moyens terrestres.
Plusieurs autres départs de feu ont par ailleurs été signalés sur les communes d’Axiat, de Mérens-les-Vals, de Limbrassac, de Perles-et-Castelet, ainsi qu’à proximité de Pamiers.
Loin de marquer une accalmie, le mois d’août a prolongé cette série noire. Dans la nuit du 1er au 2 août, un feu s’est déclaré au col de Pause, sur la commune de Seix, à environ 1 800 mètres d’altitude, tout près de la ligne de crête. Le terrain, impraticable pour les camions, a contraint les pompiers à rejoindre le sinistre à pied, après quarante minutes de marche. Une vingtaine d’entre eux ont été mobilisés, avec l’appui d’un détachement héliporté, de l’hélicoptère bombardier d’eau lourd Puma, qui a réalisé une trentaine de largages, et d’un avion bombardier d’eau venu du Hérault. Les flammes, qui ont parcouru une douzaine d’hectares d’herbe et de gispet, ont finalement été fixées. Quelques jours plus tard, les 3 et 4 août, un feu de broussailles s’est déclaré sur les hauteurs d’Auzat, au niveau du pic de Pause, à plus de 2 500 mètres d’altitude, brûlant plusieurs hectares de végétation sous la surveillance du SDIS 09.
La mi-août n’a pas été épargnée non plus. Le 17 août, un incendie s’est déclenché au Rocher de Batail, sur la commune de Saurat, culminant à 1 716 mètres d’altitude, entraînant la fermeture par précaution de trois sentiers de Grande Randonnée de Pays très fréquentés : le Tour de la Barguillère, le Tour du Pic des Trois Seigneurs et Le Picou depuis Brassac.
Un feu a également été signalé le même jour à Ussat, avec l’intervention d’un avion Dash-8 et de l’hélicoptère Puma. Le lendemain, 18 août, deux nouveaux incendies se sont déclarés dans le département : l’un au col d’Uscla, sur la commune du Bosc, à 1 200 mètres d’altitude, rapidement circonscrit à 2 600 m² grâce à l’intervention de trois engins et onze sapeurs-pompiers appuyés par un hélicoptère bombardier d’eau ; l’autre sur la commune de Saurat, toujours actif le lendemain. Les pompiers évaluaient alors le bilan cumulé de ces deux feux à 50 hectares brûlés.
Ces épisodes prennent tout leur relief à la lumière des statistiques de long terme : sur la période 2016-2025, l’Ariège a enregistré en moyenne 607 hectares brûlés par an, un record ayant été atteint en 2019 avec 1 464 hectares parcourus. Avec plusieurs centaines d’hectares déjà détruits depuis juillet et des foyers qui se déclarent encore à la mi-août, à des altitudes de plus en plus élevées, l’été 2026 s’inscrit d’ores et déjà parmi les saisons les plus sévères de la décennie pour le département.
Sources :
- feuxdeforet.fr / feudeforet.com
- France 3 Occitanie
- Pyrénées FM,
- ICI Occitanie
- Le Petit Journal





