REPORTAGE 🎥 La commune de Massat a débuté une vaste opération de restauration de l’imposante Eglise de la Nativité de la Vierge, fermée depuis juillet 2023, avec le soutien de la Fondation du patrimoine. L’enjeu dépasse largement la sauvegarde d’un monument.
Trois ans qu’elle garde portes closes. Trois ans que le clocher octogonal continue pourtant de dominer le village comme si rien n’avait changé. À l’intérieur, en revanche, le temps a laissé des traces : mérule, infiltrations, bois fragilisés, maçonnerie, décor peint… La découverte du champignon aura finalement révélé un mal plus profond et imposé un diagnostic complet de l’édifice, puis une phase de restauration avec le soutien des services de l’État et notamment la Direction régionale des affaires culturelles et l’Architecte des Bâtiments de France, compte tenu de l’inscription de certains éléments de l’église au Monuments Historiques.
Cette fois, le chantier peut commencer. Pensé en quatre phases, il doit d’abord permettre de traiter les conséquences de la mérule et de remettre en état les éléments les plus urgents. Le montant global annoncé par la Fondation du patrimoine atteint 304 556 €, avec une restauration qui doit se poursuivre jusqu’en 2030. Et, les portes devraient rouvrir au plus tard début 2027 lorsque la mérule aura été éradiquée et les éléments fragilisés remplacés (planchers, bancs etc…), dès le terme d’une première phase d’intervention.
Une souscription pour restaurer bien plus que des murs
Pour une commune rurale, une telle opération ne se résume évidemment pas à une question de maçonnerie. Elle se joue aussi sur le terrain de la mobilisation. La convention signée avec la Fondation du patrimoine ouvre ainsi la porte aux habitants, aux entreprises, aux visiteurs et à tous ceux qui souhaitent apporter leur pierre à l’édifice. Objectif : réunir 60 000 € auprès du grand public, comme des entreprises, et limiter ainsi la part qui reste à charge pour la commune.
Car cette église n’est pas seulement un lieu de culte. Depuis trois siècles, elle accompagne la vie de Massat, comme des vallées environnantes. Lieu de rassemblement, elle est aussi lieu de transmission du patrimoine, lieu de diffusion culturelle (évènements, concerts, exposition…). Le festival Massat Musique Montagne a ainsi pu y réunir jusqu’à 400 personnes autour de l’Orchestre du Capitole.
C’est tout le sens de la mobilisation portée avec de l’Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Culturel Massatois(ASPCM) et les conseillers municipaux dont ceux de la commission Patrimoine : multiplier les événements, concerts et rendez-vous autour du patrimoine, pour intéresser et mobiliser chacun tout au long de l’opération.
À terme, il ne s’agit donc pas seulement de retrouver une église restaurée. Il s’agit de retrouver un lieu ouvert et accueillant, sécurisé, capable de reprendre sa place dans la vie du village.
Et, comme le résume le maire Denis Leblon : « Préserver notre patrimoine, c’est préserver une part de notre histoire, de notre identité et de notre avenir. »
Comment contribuer ?
Particuliers et entreprises peuvent participer à la sauvegarde de l’église de Massat en effectuant un don en ligne sur la page dédiée de la Fondation du patrimoine ou par chèque à l’aide du bulletin de souscription, largement diffusé.
Les dons bénéficient des réductions fiscales prévues par la législation : 66 % au titre de l’impôt sur le revenu, dans la limite de 20 % du revenu imposable, et 75 % au titre de l’IFI, dans la limite de 50 000 €. Des dispositifs spécifiques existent également pour l’impôt sur les sociétés. Reconnue d’utilité publique, la Fondation du patrimoine assure également un cadre sécurisé et transparent : chaque projet fait l’objet d’une instruction et d’un suivi, les dons n’étant reversés qu’à la fin des travaux, sur présentation des factures acquittées.
Et au-delà du patrimoine, l’enjeu est aussi économique : un euro donné au patrimoine est estimé générer 21 euros de retombées économiques sur le territoire.
Pour participer : www.fondation-patrimoine.org/105678
A l’image :
- Denis Leblon, Maire de Massat
- Josette Pons, présidente de l’ASPCM





