Samedi 31 octobre, près de 1 000 personnes ont poussé les portes de L’Art d’Assembler, à Lavelanet. Après plusieurs années de travail, Benoît Combes a réussi son pari : transformer l’ancienne usine textile Dumons Frères en un lieu de création, d’artisanat, de spectacles et de convivialité. Une inauguration festive et chargée d’émotion, qui marque une nouvelle étape dans la reconversion du patrimoine industriel du Pays d’Olmes.
Une ancienne usine textile retrouve la vie
Il y avait de l’émotion, de la fierté et beaucoup de monde samedi 31 octobre à Lavelanet. Familles, artistes, artisans, habitants de longue date, nouveaux arrivants et visiteurs venus de toute l’Ariège se sont retrouvés pour découvrir L’Art d’Assembler.

Selon son fondateur Benoît Combes, près de 1 000 personnes ont participé à cette journée d’inauguration. Un beau succès pour ce projet dont nous avions présenté les ambitions sur Azinat.com à la mi-octobre.
Installé au 65 rue Jean-Jaurès, face au musée du Textile et du Peigne en corne, L’Art d’Assembler redonne vie à l’ancienne manufacture Dumons Frères, témoin de près de deux siècles d’histoire textile à Lavelanet. Là où résonnaient autrefois les machines, ce sont désormais les voix des artistes, les outils des artisans et les échanges entre visiteurs qui doivent faire vivre les lieux.
Pour Benoît Combes, l’ambition est claire : créer « un lieu pour faire lien, donner de la valeur à la rencontre ».
Un nouveau pôle culturel et artisanal au cœur du Pays d’Olmes
Sur quelque 1 500 m², L’Art d’Assembler rassemble plusieurs activités complémentaires : ateliers d’artisans et de créateurs, résidences artistiques, salle de spectacle, espaces de rencontres et de séminaires, hébergements et restauration.

Plusieurs professionnels ont déjà rejoint l’aventure, parmi lesquels Samuel Cheyns, Berta Ibáñez, Fiona Dumons, Patricia Mémy et quatre artistes du collectif D’Art en Arts : Yola, Marie-Aude, Sylvie et Cécile.
L’association Le Maillon rouge aura quant à elle pour mission de gérer et d’animer la salle de spectacle. Le Bar du Bison a également ouvert ses portes, proposant un nouvel espace de convivialité et une offre de tapas.
Un pôle de restauration doit compléter prochainement l’ensemble, avec la participation de structures liées à l’institut médico-éducatif de La Vergnière et à un ESAT, dans une démarche favorisant l’inclusion.
Une inauguration à l’image du projet : collective et festive
Pour cette première grande journée d’ouverture, les organisateurs avaient imaginé une programmation mêlant découverte des ateliers, théâtre, musique, performances artistiques et rencontres. L’association Raconte-Moi Lavelanet a notamment présenté des costumes issus de ses spectacles, tandis qu’un film réalisé par Samuel Cheyns retraçait l’histoire de l’usine et les différentes étapes de sa transformation.
Les compagnies La Cerise sur le Noyau, L’Embarque et Les Tombés de la Lune ont également participé à cette inauguration, aux côtés du collectif D’Art en Arts, de Toucher Saturne, du magicien Sylvain Fokus et des musiciens Funky Freaks et Matéo Langlois.
Une programmation rendue possible grâce à la mobilisation de plusieurs structures culturelles ariégeoises, parmi lesquelles L’Estive, Art’Cade et Lavelanet Culture.
Au lendemain de l’événement, Benoît Combes a tenu à remercier sur les réseaux sociaux les artistes, les bénévoles, les techniciens, les partenaires et les visiteurs. Il a notamment souligné la diversité des générations et des parcours réunis lors de cette inauguration, une mixité qui constitue, selon lui, l’âme même du projet.
Un investissement soutenu par les collectivités et les partenaires publics
La transformation de cette ancienne friche industrielle représente également un investissement important pour Lavelanet et le Pays d’Olmes.
La Région Occitanie a accompagné le projet, notamment à travers les fonds européens qu’elle gère, avec un soutien de 400 000 euros, selon les informations communiquées par Alexandre Bermand, conseiller régional.
L’État, le Département de l’Ariège, la Fondation du patrimoine et la Mission patrimoine portée par Stéphane Bern figurent également parmi les soutiens de cette réhabilitation.
Lors de l’inauguration, plusieurs élus ont salué la détermination de Benoît Combes et la capacité du projet à fédérer des partenaires autour d’une ambition commune.
Pour Kamel Chibli, vice-président de la Région Occitanie (et originaire de Lavelanet), cette transformation participe à la requalification du cœur de ville et à la valorisation du patrimoine industriel local.
Faire du patrimoine industriel un moteur pour l’avenir
Au-delà de l’ouverture d’un nouvel équipement culturel, L’Art d’Assembler porte une ambition plus large : contribuer au renouveau de Lavelanet et du Pays d’Olmes. Un territoire dont l’histoire a été profondément marquée par l’industrie textile, ses savoir-faire, ses emplois, mais aussi par les difficultés liées à son déclin.
Pour Benoît Combes, la culture peut justement accompagner cette transformation et apporter un supplément d’âme au territoire.
Il défend une conviction : « Le patrimoine industriel peut devenir, lorsqu’il est réinvesti collectivement, un levier de renouveau économique, culturel et social. »
Avec L’Art d’Assembler, cette idée prend désormais une forme bien concrète. Face au musée du Textile, l’ancienne usine Dumons Frères ne tourne pas le dos à son passé. Elle en fait au contraire le point de départ d’une nouvelle histoire.
Après avoir longtemps fabriqué du tissu, l’ancienne manufacture entend désormais tisser des liens entre les habitants, les artistes, les artisans et les visiteurs.
Et à en juger par l’affluence de cette inauguration, les premiers fils sont déjà solidement noués.


