INTERVIEWS & VIDÉO 🎙️ Le quatrième Open national de para-tennis de Mercus s’est déroulé le week-end dernier sous un soleil de plomb, réunissant une vingtaine des meilleurs joueurs français de tennis fauteuil. Au-delà de la compétition sportive, l’événement illustre l’engagement croissant de l’Ariège en faveur de l’inclusion des personnes en situation de handicap par le sport.
Pendant trois jours, les courts de Mercus-Garrabet ont accueilli l’élite du tennis fauteuil français à l’occasion du 4e Open national organisé par le Tennis Club de Mercus. Un rendez-vous désormais bien installé dans le calendrier national, qui attire chaque année des joueurs venus de toute la France.
« Nous avons cette année une vingtaine de joueurs classés dans le Top 100 français, avec notamment le 7e, le 11e ou encore le 18e joueur national », explique Laurent Boniface, co-président du club, président de la commission para-tennis de la Ligue Occitanie et lui-même compétiteur classé parmi les meilleurs joueurs français.
Pour les participants, l’enjeu est sportif. Les points acquis lors de ce type de tournoi comptent pour le classement national et peuvent ouvrir les portes des championnats de France, voire du circuit international pour les meilleurs. Mais à Mercus, la compétition ne résume pas tout.
Un club ariégeois qui fait figure d’exemple
Dans un département rural comme l’Ariège, la présence de cinq licenciés en tennis fauteuil constitue déjà une performance. Une réalité dont Laurent Boniface est particulièrement fier.
« Le plus gros club de France compte 17 joueurs et se trouve à proximité d’une grande métropole. Ici, en Ariège, avec 150 000 habitants, nous avons cinq joueurs. C’est une vraie réussite. »
Une réussite construite patiemment depuis 2020, date à laquelle la section handisport du club a vu le jour. Une création intimement liée au parcours personnel de Laurent Boniface, atteint d’une pathologie neurodégénérative.
« J’ai toujours pratiqué le sport. Quand ma maladie s’est aggravée, le fauteuil est devenu une nécessité. J’ai alors voulu créer cette section pour continuer à vivre ma passion du tennis et permettre à d’autres de découvrir ce sport. »
Aujourd’hui, les résultats sportifs sont là. Plusieurs joueurs du club figurent parmi les meilleurs Français de leur catégorie et l’équipe ariégeoise a même décroché une remarquable quatrième place aux championnats de France par équipes.
Le sport comme vecteur d’inclusion
Mais au-delà des performances, le para-tennis joue un rôle essentiel dans l’accompagnement des personnes en situation de handicap.
« On partage bien plus que du tennis », souligne Laurent Boniface. « On échange sur les aménagements de la maison, les véhicules adaptés, les fauteuils. Avec l’expérience, on devient aussi des conseillers pour les nouveaux pratiquants. »
Cette dimension humaine est l’un des moteurs du développement du handisport en Ariège. Un développement que constate quotidiennement Lauriane Michel, agente de développement au Comité Départemental Handisport de l’Ariège.
Présente à Mercus pour accompagner l’organisation du tournoi, elle rappelle le chemin parcouru ces dernières années.
« Il y a encore trois ou quatre ans, nous comptions seulement huit clubs affiliés. Aujourd’hui, nous en avons quinze et plus d’une centaine de licenciés. »
Une progression qui témoigne d’une évolution des mentalités mais aussi d’un travail de terrain constant mené par le comité.
« Beaucoup de personnes ignorent encore qu’il existe du handisport en Ariège. Notre mission est de rendre ces pratiques visibles, de soutenir les clubs et d’accompagner ceux qui souhaitent ouvrir leurs activités aux personnes en situation de handicap. »
Une dynamique qui gagne du terrain
L’exemple de Mercus illustre parfaitement cette dynamique. La section tennis fauteuil est née avec un seul pratiquant avant de grandir progressivement grâce à la persévérance de ses bénévoles et à la visibilité offerte par des événements comme cet Open national.
Aujourd’hui, le club est devenu une référence régionale et contribue à faire évoluer le regard porté sur le handicap.
Sur les courts, le public découvre un tennis spectaculaire, exigeant physiquement et techniquement. Dans les tribunes, les préjugés tombent rapidement face à l’intensité des échanges et à l’engagement des joueurs.
Pour Lauriane Michel, ces manifestations sont essentielles : « C’est un formidable coup de projecteur. Les gens voient le niveau de jeu, l’investissement des sportifs et comprennent que le handisport fait pleinement partie du paysage sportif ariégeois. »
L’Ariège, territoire d’inclusion
À travers cet Open national, l’Ariège démontre une nouvelle fois sa capacité à développer des initiatives inclusives malgré la ruralité du territoire.
Le para-tennis de Mercus n’est plus seulement un tournoi. Il est devenu un symbole d’intégration, de solidarité et de dépassement de soi.
Et comme le rappelle Laurent Boniface, l’aventure reste ouverte à tous :
« Nos portes sont ouvertes toute l’année. Que ce soit pour découvrir le tennis fauteuil, échanger ou simplement venir voir comment cela se passe, nous serons toujours heureux d’accueillir de nouvelles personnes. »
Une invitation qui résume parfaitement l’esprit de ce rendez-vous sportif devenu, au fil des années, un véritable projet de société.





