Chaque soir à 21h30, une fois le soleil couché sur le Château Comtal, la grande scène du IN s’allume. Cinq concerts, cinq univers radicalement différents, une même exigence artistique. Pour cette 25ᵉ édition, Art’Riège a composé une programmation délibérément en dehors des circuits habituels des tournées, mêlant grandes figures du jazz international et projets singuliers qui n’ont pas fini de faire parler d’eux.
Mardi 21 juillet – Cyrille Aimée en quartet : une voix lumineuse

La semaine s’ouvre avec l’une des voix les plus captivantes du jazz contemporain. Cyrille Aimée a grandi dans un foyer multilingue bercé par les sons afro-caribéens de la République Dominicaine, pays de sa mère. En s’installant à New York, elle s’est rapidement imposée comme une interprète hors pair, conquérant le public réputé exigeant de l’Apollo Theatre de Harlem, jouant aux côtés de Roy Hargrove et Wynton Marsalis, et répondant à l’invitation de Stephen Sondheim pour un hommage au City Center de New York.
Son dernier album, A Fleur de Peau, paru sur le label londonien Whirlwind Recordings, résume à lui seul toute la richesse de son univers : la profondeur du jazz, l’immédiateté de la pop, et ces rythmes de danse caribéens qui coulent dans ses veines. Une entrée en matière solaire.
Mercredi 22 juillet – Arnaud Dolmen & VityGroove : le prodige guadeloupéen

Arnaud Dolmen est aujourd’hui l’un des musiciens les plus célébrés de la scène jazz française. Batteur, compositeur, producteur, il cumule les distinctions : Victoires du Jazz 2025 dans la catégorie artiste instrumental de l’année, double finaliste du Prix Django Reinhardt (2023 et 2024), élu « Musicien français de l’année » et classé dans le Top 3 des meilleurs batteurs par Jazz Magazine et Jazz News.
Ce soir-là, il présente à Foix une création inédite également programmée au Nice Jazz Festival et au légendaire Ronnie Scott’s de Londres. Entouré de musiciens rencontrés sur les scènes parisiennes — Gabriel Gosse à la guitare, Carl-Henri Morisset au piano, Swaéli Mpappé à la basse et Adriano Tenorio aux percussions — il déploie un jeu nourri de gwoka et de jazz contemporain, une musique ancrée dans ses racines antillaises et ouverte sur le monde entier.
Jeudi 23 juillet – Nicolas Gardel et « Mano Figa » : un retour aux sources

Mano Figa est bien plus qu’un album. C’est une histoire personnelle, celle de Nicolas Gardel, trompettiste et compositeur, qui remonte à un voyage d’enfance à Caracas, capitale du Venezuela, où sa tante Manolita lui offrit un petit pendentif en bois orné d’or — la « Mano Figa », symbole venu de la Rome antique et adopté par toute l’Amérique du Sud. Ce bijou, il le porte encore aujourd’hui autour du cou.
Deux tournées consécutives en Amérique du Sud, en 2022 et 2023, ont permis à Nicolas Gardel de renouer avec ce continent, ses musiciens et ses cultures. Il en revient avec une musique généreuse et colorée, mêlant inspirations afro-caribéennes et réminiscences flamencas, portée sur scène avec Arthur Guyard au piano, Thibault Soulas à la contrebasse et Julien Garin aux percussions.
Vendredi 24 juillet – Émile Parisien Quartet « Floating » : quatre univers, une seule magie

Cinq Victoires du Jazz au compteur. Émile Parisien est sans conteste l’un des saxophonistes sopranos les plus inventifs et les plus célébrés de sa génération. Pour ce concert baptisé Floating, il réunit autour de lui trois personnalités artistiques aussi fortes qu’éclectiques.
Au piano, Yaron Herman, compositeur et improvisateur français d’origine israélienne, lui aussi Victoire du Jazz, qui revendique aussi bien l’héritage de Keith Jarrett que l’influence de Björk ou Radiohead. Aux percussions, Prabhu Edouard, disciple de Shankar Ghosh et l’un des tablaïstes les plus éclectiques du moment, qui a déjà séduit Jordi Savall et Jeff Mills. Et à la basse, la Malaisienne Linda May Han Oh, lauréate d’un Grammy et saluée comme l’une des étoiles montantes les plus dynamiques du jazz d’aujourd’hui.
Quatre continents réunis sur une même scène, pour une soirée qui s’annonce comme l’une des plus électrisantes de l’édition.
Samedi 25 juillet – PianoForte : quatre légendes, deux pianos, une célébration

Quel meilleur final pour une édition anniversaire ? Baptiste Trotignon, Pierre de Bethmann, Eric Legnini et Bojan Z — quatre des plus grands pianistes du jazz hexagonal, quatre Victoires du Jazz à eux tous — se partagent deux pianos acoustiques et deux Fender Rhodes pour un face-à-face aussi rare qu’exceptionnel.
Nés sur scène à Tourcoing Jazz en 2019, les quatre mousquetaires des claviers affichent déjà une trentaine de dates dans les plus grands festivals : Marciac, La Villette, Monte-Carlo, ou encore Jarasum en Corée du Sud. Personnalités différentes et complémentaires, ils convoquent ensemble Bud Powell, Tom Jobim, Keith Jarrett, Lyle Mays, Herbie Hancock et Ahmad Jamal pour raconter, à quatre voix devenues une seule, une histoire du jazz dans toute la multiplicité de ses sources et influences.
Une conclusion en forme d’apothéose pour 25 ans de festival.
Concerts du IN à 21h30, accès sur billet depuis le Village-Jazz. En cas de mauvais temps, repli à l’Estive, scène nationale de Foix et de l’Ariège. Tarifs : 34 € la soirée · Pass 3 concerts : 90 € · Pass 5 concerts : 145 €. Gratuit pour les moins de 18 ans. Billetterie : jazzfoix.com.
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