Interbio Occitanie vient de publier ses chiffres clés 2025 pour la filière biologique régionale. Si les signaux du marché sont encourageants après plusieurs années difficiles, la situation des producteurs et opérateurs reste préoccupante.
Un marché qui repart à la hausse
Après une longue période de recul, le marché français des produits biologiques retrouve de la vigueur en 2025, avec une progression de +3,6 % pour atteindre 12,6 milliards d’euros. L’Occitanie suit cette tendance avec une hausse de +3,7 %, portant son marché bio à 1,47 milliard d’euros.
Cette reprise est portée avant tout par les circuits de proximité : les magasins spécialisés progressent de +8,5 %, la vente directe de +3,8 % et les artisans commerçants de +1,4 %. La grande distribution, après plusieurs années de forte érosion, enregistre quant à elle une légère remontée de +1,2 %.
L’Occitanie, toujours première région bio de France
La région confirme sa place de leader national, avec plus de 600 000 hectares cultivés en bio — soit 23 % du total français — et plus de 14 600 exploitations engagées, représentant 24 % des fermes bio du pays. Au total, 26 % des fermes régionales pratiquent l’agriculture biologique, sur 19 % des surfaces agricoles de la région.
Des fragilités qui demeurent
Derrière ces chiffres se cachent des signaux moins rassurants. Si le nombre de nouvelles conversions et de déconversions se stabilise, le solde de producteurs bio reste légèrement négatif. Les surfaces globales sont stables par rapport à 2024, mais reculent sur les grandes cultures et en viticulture. Du côté de l’élevage, toutes les filières animales sont en retrait, à l’exception notable de l’apiculture bio, qui continue de progresser.
L’aval de la filière est également sous pression : on compte désormais 3 000 opérateurs en Occitanie, soit une baisse de 1 % par rapport à l’année précédente.
Les consommateurs occitans, convaincus mais freinés par les prix
Du côté des ménages, 58 % des Occitans déclarent avoir consommé des produits biologiques au moins une fois par mois ces douze derniers mois, et 35 % au moins une fois par semaine. Les convictions sont là : 74 % considèrent le bio meilleur pour la santé, 78 % estiment qu’il contribue à préserver l’environnement et les sols, et 72 % le jugent préférable pour les enfants.
Mais le passage à l’acte se heurte au prix. Pour 65 % des Occitans, c’est le premier critère d’achat alimentaire, et 74 % citent le coût trop élevé des produits bio comme principal frein à une consommation plus régulière.
Une filière à soutenir
Ces résultats dressent le portrait d’une région pionnière qui peine encore à consolider ses acquis. La reprise du marché est une bonne nouvelle, mais elle ne suffit pas à compenser les difficultés structurelles que traversent producteurs et opérateurs. Pour Interbio Occitanie, l’enjeu est désormais de transformer cette embellie commerciale en soutien durable à l’ensemble de la filière.
Source : Interbio Occitanie, communiqué de presse du 16 juin 2026 — données issues de l’Agence Bio, AND-International, Obsoco et de l’Observatoire régional de l’agriculture biologique d’Occitanie.





