Réunis au Golf de l’Ariège, élus, responsables du tourisme et professionnels ont présenté la création d’un nouveau club affaires porté par l’Agence de développement touristique Ariège-Pyrénées. Objectif : structurer l’offre existante, fédérer les prestataires et séduire notamment les entreprises de la métropole toulousaine à la recherche de lieux pour leurs séminaires, réunions et opérations de team building.
Le choix du Golf de l’Ariège n’avait rien d’anodin. Déjà habitué à recevoir des entreprises pour des journées mêlant réunions, restauration et activités sportives, le site illustre parfaitement l’ambition affichée par l’Agence de développement touristique (ADT) Ariège-Pyrénées : faire du département une véritable destination de tourisme d’affaires.
C’est dans ce cadre qu’a été présenté le nouveau club affaires, fruit de plus de deux années de réflexion et d’accompagnement avec l’Agence des Pyrénées.
« On est là aujourd’hui pour mettre en route cette démarche collective », explique Marina Salvy, directrice de l’Agence de développement touristique. Une démarche qui s’inscrit dans la feuille de route touristique départementale avec plusieurs priorités : renforcer l’attractivité de l’Ariège, travailler collectivement et adapter l’offre touristique aux besoins spécifiques des entreprises.
Fédérer plutôt que partir de zéro
L’Ariège n’a pas attendu la création de ce club pour recevoir des séminaires et des congrès. Plusieurs offices de tourisme et professionnels travaillent déjà sur cette clientèle. L’objectif est donc moins de créer un nouveau marché que de mieux organiser et rendre plus lisible ce qui existe.
Le club doit permettre de fédérer hébergeurs, restaurateurs, sites touristiques, prestataires d’activités et offices de tourisme autour d’une stratégie commune. L’ADT entend jouer un rôle de coordination et devenir un interlocuteur capable d’orienter les entreprises vers les prestations adaptées à leurs besoins.
« On va s’appuyer sur cet existant et sur cette dynamique de réseau pour aller plus loin », résume Marina Salvy. Structuration de l’offre, professionnalisation des acteurs, prospection commerciale, participation à des événements professionnels : le club doit fournir un cadre collectif à cette montée en puissance.
Pour Christine Téqui, présidente du conseil départemental de l’Ariège, le territoire dispose d’atouts particulièrement adaptés aux nouvelles attentes des entreprises. Hébergement, restauration, activités et environnement peuvent être combinés pour proposer des séjours permettant aux équipes de « réfléchir » et de « redéfinir les feuilles de route sur l’avenir ».
Le séminaire d’entreprise a changé
Cette évolution des attentes est au cœur de la stratégie. Pour Michel Pichan, président de l’ADT Ariège-Pyrénées, le tourisme d’affaires ne se résume plus à réunir des collaborateurs dans une salle de conférence.
Les entreprises recherchent désormais des expériences associant temps de travail, hébergement, restauration mais également activités collectives. Team building, patrimoine, pleine nature, montagne, golf ou encore découverte des sites ariégeois peuvent ainsi devenir des composantes à part entière d’un séminaire.
L’Ariège entend précisément jouer cette carte. Grottes, sites patrimoniaux, stations de montagne, activités de pleine nature et équipements touristiques doivent permettre de construire des offres différenciantes.
Le Golf de l’Ariège en fournit déjà un exemple concret : le site a accueilli par le passé des entreprises toulousaines pour des formats associant travail le matin, déjeuner puis compétition de golf l’après-midi.
Toulouse dans le viseur
Le principal bassin de clientèle identifié se trouve à moins de deux heures : la métropole toulousaine et ses milliers d’entreprises.
Michel Pichan a notamment évoqué des démarches engagées auprès d’acteurs de la métropole et de Blagnac afin de faciliter les contacts avec les grandes entreprises implantées dans le bassin aéronautique et industriel, parmi lesquelles Airbus, Safran ou Thales.
La proximité géographique constitue ici un argument majeur. Pour une entreprise toulousaine souhaitant réunir une équipe pendant une journée ou quelques jours, l’Ariège peut proposer un changement de cadre sans imposer un déplacement important.
La stratégie commerciale ne reposera toutefois pas uniquement sur cette prospection directe. Le club prévoit également de participer à plusieurs rendez-vous professionnels, dont le salon So Événement à Toulouse, ainsi qu’à des opérations organisées dans le cadre du Club Business Occitanie.
Des petits séminaires aux congrès de 150 personnes et plus
Reste une question : le département dispose-t-il de capacités suffisantes pour accueillir cette clientèle ?
Les responsables de l’ADT reconnaissent que l’offre hôtelière ariégeoise n’est pas celle d’une grande métropole. Le positionnement sera donc adapté aux capacités du territoire, avec notamment des séminaires de dix ou vingt personnes, des journées de team building, des résidences d’entreprise ou des événements professionnels de taille intermédiaire.
Mais l’Ariège dispose aussi d’une expérience dans l’accueil de manifestations plus importantes. Michel Pichan rappelle que le département a déjà reçu des congrès réunissant environ 150 personnes et, par le passé, un événement de plusieurs centaines de participants nécessitant de mobiliser de nombreux hébergements.
« On sait faire ça, mais il faut l’organiser, il faut le gérer », insiste-t-il.
C’est précisément l’une des raisons d’être du nouveau club : coordonner des capacités parfois dispersées sur le territoire afin de construire une réponse globale.
28 membres aujourd’hui, 80 visés fin 2027
Le club affaires compte déjà 28 membres. L’ADT vise 40 adhérents à la fin de l’année 2026 puis 80 à la fin de 2027.
Pas question pour autant de faire la course aux adhésions. Les prestataires doivent répondre à une charte et à des exigences de qualité élaborées collectivement. Certaines catégories, notamment les restaurateurs et les traiteurs, doivent encore être renforcées.
« On ne vise pas la quantité », souligne Marina Salvy. L’objectif est de construire une offre qualifiée et d’accompagner les professionnels dans leur montée en compétence face aux exigences particulières de la clientèle affaires.
Cette prudence est également défendue par Michel Pichan, qui privilégie une montée en puissance progressive. Une mauvaise expérience pourrait rapidement devenir contre-productive pour l’image de la destination. À l’inverse, un client satisfait peut revenir et surtout recommander l’Ariège à d’autres entreprises.
Un levier pour le tourisme quatre saisons
Au-delà de la clientèle affaires elle-même, le projet répond enfin à un enjeu stratégique pour le tourisme ariégeois : mieux répartir la fréquentation sur l’ensemble de l’année.
Séminaires, réunions de direction, team building et événements professionnels peuvent notamment alimenter les « ailes de saison », lorsque la fréquentation touristique traditionnelle est moins forte. Ils peuvent également bénéficier à différents territoires du département.
La future brochure commerciale du club traduira d’ailleurs cette volonté. Plutôt que de présenter l’offre uniquement par secteur géographique, elle sera organisée selon les besoins des entreprises : séminaire, journée de team building, résidence d’entreprise ou événement.
Une manière de partir non plus seulement de ce que l’Ariège souhaite vendre, mais de ce que l’entreprise recherche.
Avec ce club affaires, le département entend ainsi transformer une multitude d’initiatives déjà existantes en une véritable offre collective. Une stratégie qui pourrait permettre à l’Ariège de trouver sa place sur un marché du tourisme d’affaires où la proximité de Toulouse constitue à la fois une opportunité commerciale et un important réservoir de clientèle.





