INTERVIEW & VIDÉO 🎙️ Sous un soleil de plomb et des températures flirtant avec les 35 degrés, les bénévoles de Jazz à Foix s’affairaient, mardi après-midi, à préparer une nouvelle soirée de cette 25e édition du festival. Quelques heures plus tard, la scène du IN accueillait la chanteuse franco-dominicaine Cyrille Aimée et son quintet, l’un des temps forts de cette semaine musicale. Avant que les premières notes ne résonnent sur les allées de Villote avec la classique déambulation, Azinat.com TV est allé à la rencontre de celles et ceux qui font vivre, dans l’ombre, l’un des rendez-vous culturels incontournables de l’été ariégeois.
Un festival qui assume l’éclectisme
Pour Eric Charrier, responsable de la programmation du IN, le succès du festival repose sur un équilibre soigneusement construit.
Depuis plusieurs années, nous avons fait le choix de l’éclectisme », explique-t-il. « Nous proposons des soirées très différentes les unes des autres afin de montrer toute la richesse du jazz.
Eric Charrier, responsable de la programmation du IN
L’époque où Jazz à Foix était essentiellement consacré au jazz traditionnel est désormais révolue. La programmation fait aujourd’hui dialoguer les styles, les générations et les influences, alternant artistes de renommée internationale et découvertes prometteuses. La présence de Cyrille Aimée illustre parfaitement cette volonté.
Avec sa voix singulière, ses influences jazz, manouches et latino-américaines, la chanteuse est aujourd’hui une artiste reconnue sur les plus grandes scènes internationales. Accompagnée de musiciens français et américains, elle incarnait parfaitement cette ouverture artistique recherchée par les organisateurs.
Si Jazz à Foix fête cette année son « quart de siècle », ce n’est pas un hasard.
Si nous sommes toujours là après vingt-cinq ans, c’est que le public nous suit
Eric Charrier, responsable de la programmation du IN
Le village du festival se remplit désormais dès 19 heures et les concerts du IN affichent régulièrement complet ou presque. Une fidélité qui récompense le travail de programmation mais aussi l’exigence d’un public fuxéen désormais habitué à découvrir des artistes de haut niveau.
Le OFF, véritable porte d’entrée du festival
Avant les grands concerts du soir, c’est pourtant le OFF qui donne le ton.
Pour François Duburc, responsable de cette programmation « gratuite », le OFF n’est pas une simple animation parallèle.
Le OFF, c’est le moment convivial du festival. On arrive, on profite des concerts gratuits, des food-trucks, de la buvette, on retrouve les amis… puis naturellement on rejoint le concert du IN.
François Duburc, responsable programmation du OFF
Deux concerts gratuits sont proposés chaque soir, offrant un panorama très large des musiques issues du jazz : Jazz traditionnel, blues, gospel, jazz-rock, formations acoustiques ou électriques… le OFF revendique peut-être encore davantage que le IN cette diversité musicale et la première soirée en a apporté la preuve avec près de 800 spectateurs, un record d’affluence pour l’ouverture du festival.
Cette année, l’animation musicale investit également les rues de Foix grâce aux déambulations des Bowling Cats qui traversent le centre-ville aux heures de l’apéritif avant d’entraîner naturellement le public vers le site du festival. (Dans la cour de l’école de musique de Foix)
Derrière cette réussite se cache aussi un solide réseau de partenaires.
Martine Josse rappelle que leur soutien est indispensable au fonctionnement de l’association : « Ils nous accompagnent financièrement mais ils font aussi partie de la vie du festival. » rappelle t-elle
Près de 60 partenaires sont associés à cette 25e édition, parmi lesquels des entreprises ariégeoises, des enseignes nationales implantées localement, mais aussi les commerçants de Foix qui participent à l’animation de la ville.
Le village VIP permet à ces partenaires de partager un moment privilégié autour d’un dîner gastronomique avant d’assister au concert dans des conditions privilégiées.
Dans un contexte économique parfois compliqué, Jazz à Foix conserve un modèle accessible grâce à des formules volontairement abordables qui permettent de fidéliser les entreprises d’année en année.
Une restauration qui participe à l’identité du festival
Autre visage bien connu des habitués : le chef Didier Lamotte, fidèle au rendez-vous depuis plusieurs éditions.
Avec son équipe, il prépare chaque jour les repas destinés aux artistes, aux partenaires, aux techniciens mais aussi à la centaine de bénévoles mobilisés pendant toute la durée du festival.
Pour les invités, le chef continue de proposer une cuisine gastronomique mettant en valeur les produits locaux : fond d’artichaut farci au mimosa de gésiers de canard, ballottine de volaille au fromage régional, fromages ariégeois et desserts revisités composent un menu pensé comme une autre manière de faire découvrir le territoire. (et chaque jour la proposition change)
La chaleur, nouveau défi des organisateurs
Longtemps, les organisateurs de Jazz à Foix ont surtout redouté les orages estivaux. Aujourd’hui, un autre phénomène s’impose progressivement : les épisodes de forte chaleur.
Les journées de montage deviennent particulièrement éprouvantes pour les bénévoles, même si les horaires des concerts permettent heureusement de retrouver des températures plus agréables dès la soirée.
Cette météo favorable représente finalement une chance : elle permet de maintenir les concerts en plein air et d’éviter les replis à L’Estive, dont la capacité d’accueil est plus réduite que les 800 places offertes sur les allées de Villote.
Une mécanique collective bien huilée
Au-delà des artistes prestigieux, cette deuxième soirée de Jazz à Foix rappelle qu’un festival ne repose pas uniquement sur sa programmation.
Derrière chaque concert se cache une organisation minutieuse, des dizaines de bénévoles, des partenaires fidèles, une équipe de restauration, des techniciens, des commerçants et toute une ville qui, pendant quelques jours, vit au rythme du jazz.
À l’heure où Cyrille Aimée s’apprêtait à monter sur scène devant un public venu nombreux malgré la chaleur, c’est bien cette aventure collective qui donnait tout son sens à cette 25e édition d’un festival devenu, au fil des années, l’un des grands rendez-vous culturels de l’été en Ariège.





