INTERVIEWS 🎥 Initiative Ariège a tenu, jeudi 25 juin, son Assemblée générale annuelle, l’occasion de dresser le bilan de l’année 2025 et de refermer la matinée, comme le veut la tradition, par une série de témoignages d’entrepreneurs accompagnés par l’association.
Cette année, la table ronde qui a suivi les travaux statutaires portait un titre à elle seule tout un programme : « Le tournant stratégique : faire du passage délicat des trois ans d’existence un puissant levier de réussite ». Animée par Sylvain Sastre, elle a réuni cinq chefs et cheffes d’entreprise venus raconter, sans détour, les doutes et les victoires de ce cap si particulier des trois premières années.
95 % de réussite : le bilan solide d’Initiative Ariège
Devant l’assemblée, le président Gilles Capy a rappelé le cap que s’est fixé la structure depuis son arrivée : accompagner environ une centaine d’entreprises par an. Un objectif de nouveau tenu en 2025, « à cinq ou six près », pour des créations qui aboutissent à environ 250 emplois. Il s’agit le plus souvent de petites structures, réparties entre les trois grands secteurs suivis par Initiative Ariège : le commerce et l’industrie, l’artisanat, et depuis quelques années l’agriculture, dont les exploitants sont, selon lui, devenus « des chefs d’entreprise, très clairement ».
Gilles Capy a insisté sur la méthode : un dispositif de suivi préventif, où plusieurs partenaires portent un regard croisé sur la solidité de chaque dossier. Concrètement, une quinzaine d’interlocuteurs – chambres consulaires, banques, experts, financeurs – se réunissent en comité d’agrément pour évaluer les chances de chaque projet de passer ce cap réputé difficile des trois ans.
Un travail qui porte ses fruits, puisque plus de 95 % des entreprises accompagnées sont toujours en activité passé ce délai. « La véritable récompense, c’est quand on voit des chefs d’entreprise venir témoigner », a confié le président, saluant au passage tout un écosystème de partenaires qui, au-delà d’Initiative Ariège, se mobilise pour la réussite des porteurs de projet.
Ghislaine Descomble, de la reconversion à l’agrandissement
Premier témoignage de la matinée, celui de Ghislaine Descomble, repreneuse de Sambuc&Co. Toulousaine, elle se décrit elle-même comme « le cliché de la reconversion professionnelle » : après un parcours dans le marketing, un bilan de compétences et la naissance de son premier enfant, elle a repris cette maison ariégeoise qui produit l’apéritif Sambuc, découvert quelques années plus tôt par le biais d’une amie proche, fille de la fondatrice.
À un mois de son propre cap des trois ans, elle en dresse un bilan à la fois symbolique et très concret : « c’est assez factuel sur les comptes », résume-t-elle. La prochaine étape s’annonce déjà : déménager, s’agrandir et développer de nouvelles boissons, une fois l’activité stabilisée. Interrogée sur le rôle des réseaux d’accompagnement, elle souligne avoir été prise en charge dès le départ par la Chambre de métiers et de l’artisanat, avant de découvrir le prêt d’honneur d’Initiative Ariège, la marque territoriale Nòu portée par la Chambre d’agriculture, ainsi que les banques locales.
Un maillage qu’elle compte bien solliciter de nouveau pour financer sa phase de croissance. Et de conclure, avec la conviction de ne pas vouloir « s’endormir » : « j’ai envie d’aller chercher d’autres recettes, d’autres défis. »
Quatre autres parcours pour illustrer le cap des trois ans
Il y avait également, pour témoigner aux côtés de Ghislaine Descomble, quatre autres entrepreneurs ariégeois, chacun avec son propre passage du fameux cap.
Claire Calmont, de Pyrénées FM, a raconté comment la radio associative née en 2005 sur le plateau de Sceaux, à Montaillou, avait été épaulée dès ses débuts par Ariège Initiatives, puis de nouveau accompagnée récemment, notamment par la CCI, pour franchir une étape de développement et de multiplication de ses fréquences.
Patrick Fabre, qui a repris en 2003 la partie ariégeoise de l‘entreprise Z.N.C.I aux côtés d’un ami devenu associé, est revenu sur les difficultés de recrutement dans le département et sur la croissance de sa structure, passée de 6 à 11 salariés.
Thomas Bier, éleveur ovin installé en janvier 2023 et guide de randonnées équestres à Bédeillac et Aynat, a expliqué comment un coup de pouce en trésorerie d’Initiative Ariège lui avait permis de démarrer plus sereinement, avant de constituer un GAEC et de rechercher aujourd’hui un nouvel associé.
Enfin, Delphine La Niece, du camping La Roucateille à Montgailhard, a livré un témoignage marquant sur le passage devant la commission d’agrément, entre le trac et le soutien de son mari, avant de rappeler, six ans après son installation, combien le réseau de partenaires – CCI, banques, avocat, Office de tourisme – et même le « love money » de proches avaient été déterminants pour mener à bien son projet.
Des parcours différents, entre commerce, médias, industrie et agriculture, mais un même fil conducteur : la solidité d’un réseau d’accompagnement pour transformer le cap délicat des trois premières années en tremplin.





